Collaboration spéciale

MONTRÉAL — Le congrès de la FTQ a adopté une Déclaration sur les changements climatiques, mercredi, sans opposition réelle, mais des congressistes ont pris soin de rapporter les craintes de certains syndiqués quant à leur emploi dans ce contexte.

Il faut dire que la FTQ représente des dizaines de milliers de travailleurs dans le transport, dans les raffineries, la construction, l’énergie, tous des secteurs fortement touchés par les répercussions des changements climatiques.

Le débat en vue de l’adoption de la Déclaration de politique sur les changements climatiques, lors du congrès, n’aura finalement donné lieu à aucune opposition. Mais des craintes ont toutefois été exprimées pour les emplois durant la phase de transition vers une économie plus verte.

«Nos membres dans cette industrie-là, on en a 500, 600, juste dans le raffinage au Québec, et ils ont la chienne. Ils ont la chienne de voir que la FTQ et Unifor prennent des positions sur les emplois. On a un travail quotidien à faire sur nos tables de négociation pour s’assurer qu’il va y avoir une transformation dans ces entreprises-là», a plaidé au microphone John Caluori, de la section locale 98 du syndicat Unifor.

«Il ne faut absolument pas que les travailleurs fassent les frais de la lutte aux changements climatiques», s’est exclamé Sylvain Martin, d’Unifor Québec.

«Nous, chez Unifor, on représente des salariés chez les concessionnaires automobiles. Il y a déjà des véhicules électriques et hybrides. Et les mécaniciens nous disent ‘le jour où on va avoir seulement ça à vendre, il y a la moitié de nous autres qui va perdre leur job’. Il faut y voir», a plaidé M. Martin, du syndicat Unifor Québec.

Des employés des cimenteries ont déploré le fait que du ciment d’origine asiatique, plus polluant, est importé, alors que le ciment fabriqué au Québec n’est pas vendu à pleine capacité.

Les syndicats insistent donc pour que des mesures de transition soient adoptées, comme de la formation pour les travailleurs touchés, ou même de l’information sur les transformations à venir du marché du travail.

La déclaration de politique qui a été adoptée inclut aussi une demande pour bonifier le régime d’assurance emploi de manière à mieux soutenir les travailleurs victimes des transformations structurelles de l’économie.

On y demande aussi au gouvernement de procéder à des études sérieuses quant aux répercussions des mesures de lutte contre les changements climatiques sur l’emploi, et ce, selon les secteurs d’activité et pour l’ensemble des régions du Québec.

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