Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC — Le député libéral d’Argenteuil, Yves St-Denis, fait l’objet de plaintes de harcèlement et d’intimidation de la part de collègues de Québec solidaire (QS) et de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui en ont ras-le-bol de son comportement.

Les voisins de banquette de M. St-Denis à l’Assemblée nationale, tant caquistes que solidaires, jugent son attitude générale déplacée, contraire aux règlements, au décorum et au bon fonctionnement du travail des partis d’opposition.

En marge de la période de questions, vendredi, le député solidaire de Mercier, Amir Khadir, et le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, ont tous deux demandé au président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, d’intervenir pour que cesse le comportement jugé répréhensible du député libéral.

Ils reprochent notamment à M. St-Denis d’interrompre constamment ses collègues de l’opposition, de passer des commentaires déplacés lorsqu’ils posent des questions au Salon bleu, créant ainsi une distraction et nuisant à leur concentration. On dénonce son «langage insultant et violent» et ses «regards intimidants».

«Il a un comportement de goon», a déploré en point de presse Amir Khadir, assis à proximité du député d’Argenteuil, une rangée derrière lui au Salon bleu.

«Ça fait plusieurs fois qu’on le prie d’agir autrement», sans succès, a-t-il dit, dénonçant les tentatives de M. St-Denis «de nous faire taire».

Excédé, le leader de la Coalition avenir Québec, François Bonnardel, a demandé vendredi une rencontre avec le whip libéral et avec le président de l’Assemblée nationale pour qu’ils ramènent à l’ordre le député d’Argenteuil.

Le député caquiste de Borduas, Simon Jolin-Barrette, est assis juste devant M. St-Denis au Salon bleu, et estime goûter un peu trop souvent à sa médecine.

Vendredi, il s’est levé pour poser une question, et le scénario s’est reproduit. «C’était assez dérangeant et assez fatigant. On pose des questions sérieuses à l’Assemblée nationale, pour lesquelles on veut des réponses», a-t-il commenté en entrevue téléphonique, estimant que M. St-Denis agissait de la sorte «pour nous déstabiliser».

Cette histoire incite Amir Khadir à mettre en doute la capacité du président, Jacques Chagnon, de faire preuve de neutralité et d’impartialité envers tous les parlementaires, de toutes les formations politiques. Vendredi, il a invité M. Chagnon, lui aussi un député libéral, «à se ressaisir».

M. St-Denis, un ancien président de commission scolaire, est député libéral d’Argenteuil depuis 2014. Il n’a pas été possible d’obtenir ses commentaires vendredi.

Ce n’est pas la première fois qu’un député libéral se fait accuser d’intimider un député de l’opposition. En juin 2014, le président de l’Assemblée nationale avait donné raison à la députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, qui se disait victime d’intimidation de la part du député libéral de Jean-Lesage, André Drolet. Mme Massé s’était plainte d’avoir été rudoyée physiquement et verbalement par le député, au Salon bleu, en plein débat sur le budget.

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