Jacques Boissinot/THE CANADIAN PRESS Le ministre des Finances, Carlos Leitão.

Bien qu’il y ait un excédent de 1,7 milliard $ dans les coffres de l’État à mi-chemin de l’exercice, il est encore trop tôt pour se livrer à des prévisions pour le reste de l’année financière, estime le ministre québécois des Finances, Carlos Leitao.

En conférence téléphonique pour discuter de l’état des finances publiques, vendredi, M. Leitao n’a voulu s’avancer sur l’ampleur d’un éventuel surplus budgétaire.

«Je ne pense pas que nous puissions être dans les mêmes zones pour un éventuel surplus», a-t-il expliqué.

Ce coussin de 1,7 milliard $ dégagé au premier semestre — soit des mois d’avril à septembre — tient compte d’une somme de 1 milliard $ versée au Fonds des générations. À pareille date l’an dernier, l’excédent dégagé était également de 1,7 milliard $, ce qui avait mis la table pour un surplus annuel de 2,2 milliards $.

M. Leitao a rappelé que sa mise à jour économique automnale prévoyait des dépenses «additionnelles», notamment en accélérant, dès 2017, l’abolition de la taxe santé en plus d’injecter de l’argent dans les réseaux de la santé et de l’éducation.

«Les choses se sont bien passées au premier semestre, a dit M. Leitao. Mais avec ces dépenses et le mouvement saisonnier des dépenses publiques, on verra bien à la fin de l’année.»

Pour l’exercice 2016-2017, l’abolition de la taxe santé privera Québec de revenus estimés à 264 millions $. Par la suite, l’impact annuel sera de 750 millions $.

Après deux trimestres, les recettes totales se sont chiffrées à 37,3 milliards $, en hausse de 2,9 % par rapport à la période correspondante de 2015-2016, alors que les transferts fédéraux ont atteint 9 milliards $, en progression de 4,65 %.

Dans sa mise à jour économique automnale, M. Leitao tablait sur une amélioration de 2,6 % des recettes totales de la province pour l’exercice.

«Il y a une croissance de l’impôt sur le revenu payé par les particuliers (6,2 %), a souligné M. Leitao. Ce n’est pas une augmentation de l’impôt, mais il y a plus de personnes qui en paient parce qu’elles sont au travail.»

Le portrait est toutefois moins réjouissant du côté des sociétés d’État, qui ont collectivement livré 1,65 milliard $ au gouvernement québécois, soit 10,3 pour cent de moins qu’au premier semestre de l’exercice 2015-2016.

Ce résultat est essentiellement attribuable à Hydro-Québec, qui après des résultats records au cours des dernières années, a commencé à livrer un dividende moins élevé à son actionnaire.

«À la Société des alcools du Québec et chez Loto-Québec, les dividendes sont au rendez-vous, a dit M. Leitao. Chez Hydro-Québec, nous savions qu’il y aurait une diminution.»

De leur côté, les dépenses de programmes ont grimpé de 2,92 pour cent, à 32,36 milliards $. On note des augmentations dans les secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation et la culture, l’économie et l’environnement ainsi que la justice, mais un recul de 1,6 % du côté du soutien aux personnes et aux familles.

Pour sa part, le service de la dette s’est élevé à 3,78 milliards $, en baisse de 5,4 %.

À moyen terme, le ministre des Finances ne craint pas que les surplus budgétaires viennent accélérer la décroissance des paiements de péréquation en provenance du gouvernement fédéral.

M. Leitao affirme que les calculs de son ministère prennent déjà en compte une «décélération importante» sur cinq ans en raison de la baisse des matières premières comme le pétrole.

«Dans notre mise à jour à l’automne, on prévoit une hausse de 3,8 % des transferts fédéraux pour l’exercice 2017-2018, a dit M. Leitao. En 2018-2019, nous nous attendons seulement à une augmentation de 0,9 %.»

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