MONTRÉAL — Alors qu’une grève des ambulanciers syndiqués à la CSN est prévue pour la semaine prochaine dans l’ensemble du Québec, la Corporation des services d’ambulance presse le ministère de la Santé de lui donner les mandats et les budgets requis pour mener à bien cette négociation.

La Corporation des services d’ambulance, qui représente la grande majorité des entreprises ambulancières à l’extérieur de la métropole, s’estime prise entre l’arbre et l’écorce, entre le ministère de la Santé et des Services sociaux et les syndicats qui représentent les travailleurs du secteur préhospitalier.

La Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, qui représente 3600 ambulanciers paramédicaux, répartiteurs et employés de soutien, a fait parvenir un avis de grève aux employeurs pour le 15 décembre.

Entre-temps, les négociations se poursuivent, mais les parties estiment être allées le plus loin qu’elles le pouvaient sans intervention du ministère.

Le problème vient du fait que le ministère a délégué aux entreprises ambulancières sa responsabilité de négocier avec les syndicats d’ambulanciers, mais sans leur donner tous les budgets requis et tous les mandats requis, a expliqué au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne Denis Perrault, directeur général de la Corporation.

«Malheureusement, il nous a délégué uniquement une enveloppe dans le cadre du contrat qui expire le 31 mars prochain. Donc, on pouvait régler uniquement les deux premières années des conventions collectives des paramédics. Et, les trois années suivantes, à partir du 1er avril 2017, nous n’avons aucune idée. Le ministère ne nous a donné aucun mandat afin de convenir avec les syndicats des conditions de travail», s’est plaint M. Perrault.

Il affirme qu’au plan normatif, les négociations sont très avancées avec la FSSS-CSN.

«La grande question qui demeure est tout l’aspect financier. Nous, on n’a aucun contrôle sur les revenus et les dépenses dans ce secteur-là. Il appartient au ministre d’en déterminer les coûts et de convenir avec les parties», a rapporté M. Perrault.

Les entreprises ambulancières se trouvent coincées. «On craint que malheureusement, la fédération (FSSS-CSN) soit obligée d’exercer son droit de grève le 15 décembre» pour forcer le ministère à agir, a-t-il lancé.

Joint au téléphone, le cabinet du ministre Gaétan Barrette a répliqué que «ce sont aux entreprises, qui sont les employeurs, de négocier avec leurs employés. Les entreprises ambulancières ont tout en mains pour mener à bien leurs négociations».

Urgences-santé

Du côté d’Urgences-santé — l’employeur pour la région de Montréal et Laval — la situation est tout autre face à la menace de grève des ambulanciers syndiqués à la CSN, la semaine prochaine.

«Pour nous, c’est pas mal usuel. Ça revient pas mal à chaque renouvellement de convention collective. On est un petit peu habitué de vivre les moyens de pression qui sont effectués par le syndicat», a commenté Benoit Garneau, porte-parole pour Urgences-santé.

Il rappelle que les syndiqués devront assurer les services essentiels en cas de grève et, selon lui, cela ne devrait donc pas trop affecter les services au public. «Il n’y aura pas d’effet direct sur le service à la population. Les services vont être donnés à la population. Ça va être transparent, comme s’il n’y avait pas de grève», a conclu M. Garneau.

Il indique que les négociations ont toujours cours avec le syndicat, que la dernière rencontre date de vendredi dernier, «où ça se passe assez bien». De même, d’autres rencontres sont prévues.

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