Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC — Le Québec a trouvé son sauveur. Il s’appelle Philippe Couillard.

Mais la population semble tarder à le reconnaître.

Au lendemain des élections complémentaires de lundi, le premier ministre s’est posé en sauveur du Québec, qui se dirigeait droit vers un mur, avant que les libéraux soient portés au pouvoir et s’affairent à mettre de l’ordre dans les finances publiques, a-t-il dit en substance, lors d’une mêlée de presse, mardi.

«On a littéralement sauvé le Québec», qui allait frapper «un immense mur», a-t-il affirmé.

Comme il avait fait la veille, durant la soirée électorale, il est revenu à la charge, malgré des résultats électoraux décevants pour sa formation politique, pour dire qu’il avait fait ce qu’il devait faire, que son plan de match fonctionnait et qu’il n’y dérogerait pas.

Le premier ministre n’est pas un homme habité par le doute. Quel que soit le message lancé par la population lors du scrutin de lundi, il se dit convaincu qu’il a fait les bons choix de gouvernance au cours des dernières années et que les résultats sont là pour le prouver.

«Le plan du gouvernement fonctionne. Il va continuer à s’appliquer», a-t-il martelé, insistant pour dire que tous les indicateurs de performance, «de tous les côtés», étaient positifs.

Du bout des lèvres, il a convenu qu’il faudrait peut-être cependant corriger la façon de livrer son message, afin de montrer concrètement à la population l’impact positif des réalisations de son gouvernement, par exemple en termes de création d’emplois.

«Il faut le montrer plus, il faut le dire plus, notamment en régions», a-t-il soutenu, niant avoir des difficultés à séduire le vote francophone.

Lundi, dans quatre élections complémentaires, le Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par M. Couillard, a fait piètre figure. Les libéraux ont réussi à conserver Verdun, mais avec seulement 35 pour cent d’appuis, en baisse importante par rapport à l’appui de 50 pour cent des électeurs lors du scrutin général de 2014. La majorité libérale a fondu, passant de près de 9000 voix, en 2014, à 1216 lundi.

Dans Arthabaska, mais surtout dans Marie-Victorin (en baisse de 12 points) et Saint-Jérôme (avec seulement 10 pour cent du vote), les libéraux ont obtenu un score bien inférieur à celui de 2014.

M. Couillard a balayé les critiques, en soutenant qu’on avait tendance à surévaluer l’importance des élections complémentaires.

Le chef péquiste Jean-François Lisée s’est pour sa part réjoui, en point de presse, de la performance de son parti.

Il calcule que le résultat de lundi indique «une augmentation au global de cinq pour cent de notre proportion de votes sur les quatre partielles, alors que le Parti libéral a baissé de neuf pour cent».

M. Lisée en conclut «une forte insatisfaction envers le régime libéral et une reconnaissance que le Parti québécois est le gouvernement de remplacement en attente».

Le Parti québécois a conservé Marie-Victorin et Saint-Jérôme, où il a augmenté substantiellement ses majorités acquises en 2014. Il a aussi amélioré sa performance dans Verdun et s’est maintenu dans Arthabaska.

Le chef caquiste François Legault estime lui aussi que «le grand perdant» de la soirée électorale est Philippe Couillard.

Selon lui, le premier ministre a perdu la confiance des Québécois et le vote de lundi en témoigne. «Il est rattrapé par les scandales libéraux. Il est rattrapé par sa méconnaissance de la réalité des familles qui ont de la difficulté à boucler leurs fins de mois. Il est aussi rattrapé parce qu’il n’a rien changé en santé», a-t-il énuméré en point de presse.

Il se dit convaincu que les électeurs ont boudé le PLQ parce que M. Couillard «regarde de haut les préoccupations des Québécois».

Pour l’avenir, M. Legault conclut des résultats de lundi que la course à trois se confirme entre le PLQ, la CAQ et le PQ lors du prochain scrutin en 2018.

En fait, la CAQ a obtenu des résultats mitigés lundi. Elle a conservé Arthabaska avec une confortable majorité et 44 pour cent d’appui, mais n’a pas réussi à reprendre Saint-Jérôme, comme elle tentait de le faire. Dans Verdun, la CAQ s’est classée quatrième, avec seulement 12 pour cent d’appui, derrière Québec solidaire.

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