Josie Desmarais/Métro Le ministre de l'agriculture Laurent Lessard.

QUÉBEC — Le Commissaire au lobbyisme en vient à la conclusion qu’Yvon Nadeau, longtemps proche conseiller du ministre Laurent Lessard, n’a pas exercé d’activités de lobbyisme auprès du ministre dans le but de favoriser son entreprise, Pyrobiom Énergies.

L’analyse des faits n’a pas permis d’établir que des activités de lobbyisme ont eu lieu dans ce dossier, au sens de la loi, écrit le commissaire dans son rapport de sept pages rendu public mardi en fin de journée.

En septembre dernier, les deux principaux partis de l’opposition, la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti québécois (PQ), avaient demandé au commissaire de faire enquête pour vérifier si M. Nadeau avait bien respecté la loi ou s’il avait bénéficié d’un traitement de faveur de la part du gouvernement.

Le ministre Lessard n’est cependant pas au bout de ses peines, puisque le Commissaire à l’éthique doit lui aussi se prononcer sur le sujet.

Lors d’une brève mêlée de presse, mardi, M. Lessard s’est montré prudent et avare de commentaires.

«Il reste l’autre commissaire, je commenterai globalement», quand le contenu des deux rapports sera connu, a-t-il dit. On ignore quand le Commissaire à l’éthique doit remettre son rapport.

D’ailleurs, c’est surtout celui-là que l’opposition péquiste attend impatiemment.

Car c’est ce rapport sur l’éthique «qui va vraiment nous montrer ce qui s’est passé», a commenté la porte-parole péquiste sur les questions éthiques, Agnès Maltais, qui a sonné la charge dans ce dossier.

En septembre, l’intégrité du ministre des Transports, Laurent Lessard, avait été mise en doute par l’opposition, qui lui reprochait d’avoir manqué de jugement en embauchant comme conseiller à son bureau de circonscription Yvon Nadeau, alors que ce dernier avait demandé une subvention gouvernementale pour l’entreprise qu’il dirigeait par ailleurs.

Toute l’histoire tourne autour d’une subvention de 3 millions $ versée par Québec à l’entreprise Pyrobiom Énergies, entreprise appartenant à M. Nadeau, en 2015.

Sur la défensive, M. Lessard a toujours affirmé n’avoir rien à se reprocher, soutenant avoir respecté les directives du Commissaire à l’éthique.

Il a insisté à maintes reprises pour dire qu’il n’était jamais intervenu personnellement en faveur de son employé pour qu’il obtienne sa subvention.

Pendant des jours, le PQ et la CAQ ont laissé planer des allégations de conflit d’intérêts, de corruption et de favoritisme dans ce dossier.

Ami personnel du ministre Lessard, Yvon Nadeau a été à son emploi de 2003 à 2013, puis de 2014 à 2015, soit jusqu’à ce qu’il reçoive la subvention demandée un an plus tôt au ministère de l’Énergie et des Ressources.

La femme de M. Nadeau, Stéphanie Donato, était elle aussi employée du ministre Lessard à son bureau de comté, à Thetford Mines, de 2012 à 2015.

Selon le chef caquiste François Legault, «une chose est certaine, c’est qu’il y a eu un manque de jugement. Ça n’a pas bon sens, là, qu’on donne des millions de subvention à un ami très proche d’un ministre. Puis, quand on dit très proche, quand un est le parrain de l’enfant de l’autre, là, c’est très proche», a-t-il commenté mardi.

Le ministre Lessard est le parrain de l’enfant du couple Nadeau-Donato.

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