La Presse canadienne

MONTRÉAL — Les médecins et les pharmaciens demandent à Québec davantage d’outils pour contrer la prise et la prescription inadéquates d’opioïdes.

Ces substances, comme le Dilaudid, servent dans le traitement de la douleur. Mais parfois, ces opioïdes sont consommés de façon inappropriée ou se retrouvent dans la rue, où des consommateurs sont victimes de surdoses ou développent une accoutumance.

Le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des pharmaciens ont uni leurs voix, mardi au cours d’une conférence de presse à Montréal, pour réclamer du gouvernement du Québec davantage d’outils pour identifier les médecins, les pharmaciens et les patients qui ont un comportement de consommation ou de prescription problématique à ce chapitre.

Ils veulent notamment avoir accès, en temps réel, à l’ensemble des prescriptions, par le biais de la Régie de l’assurance-maladie et même des assureurs privés. Cela leur permettrait de mieux identifier les professionnels et les patients qui en font un usage inapproprié et, dans le cas des professionnels, d’imposer les sanctions requises, font-ils valoir.

«On a besoin de cette fluidité-là pour pouvoir savoir qui commande quoi et quand. Et à mesure qu’on va avoir cette information-là, on va pouvoir détecter des tendances qui mériteront certaines interventions ciblées», a justifié Bertrand Bolduc, président de l’Ordre des pharmaciens.

Aux États-Unis et dans plusieurs provinces canadiennes, cet usage inapproprié des opioïdes a connu une croissance importante, provoquant plusieurs décès. Au Québec même, les autorités rapportent 62 décès en 2005 comparativement à 146 en 2014.

Le président-directeur général du Collège des médecins du Québec, le docteur Charles Bernard, rapporte 622 décès dans les 10 premiers mois de 2016 en Colombie-Britannique et 700 décès en Ontario en 2015. Aux États-Unis, les autorités rapportent 80 décès par jour attribuables à ces opioïdes.

«Le train est à Toronto; il s’en vient à Montréal», a conclu le docteur Bernard, invitant les autorités à agir avant que le problème n’atteigne les mêmes proportions au Québec.

Les deux organisations réclament un véritable plan d’action, auquel participeraient le ministère de la Santé et des Services sociaux, le ministère fédéral de la Santé, la Régie de l’assurance-maladie du Québec, le Centre de recherche et d’aide des narcomanes (CRAN), l’Institut national de santé publique, les ordres professionnels, l’industrie pharmaceutique — tant les grossistes que les bannières — et les universités (pour la formation des professionnels).

Le docteur Bernard rappelle que ces opioïdes sont tout de même utiles et qu’il ne faut pas intervenir de façon à en gêner l’accès pour ceux qui en ont réellement besoin. «Les opioïdes demeurent un outil nécessaire et utile dans la pratique de la médecine et pour le traitement des patients», a-t-il dit.

Le docteur Bernard indique qu’il a déjà fait part au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de sa volonté de voir un plan d’action adopté et que celui-ci lui avait répondu que «ça s’en vient».

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