THE CANADIAN PRESS Ensaf Haidar

OTTAWA — Amnistie internationale juge que la «moitié du chemin» a été parcourue par le gouvernement de Justin Trudeau en ce qui a trait aux avancées en matière de droits de la personne.

Alors que s’achève la session parlementaire, l’organisme publie son «bulletin» qui fait état des progrès du fédéral en la matière. Même si Amnistie juge qu’Ottawa est à mi-chemin d’où il devrait être, il accorde malgré tout une note de 7 sur 10 au gouvernement Trudeau.

Parmi les points qui posent problème, on note plus particulièrement les projets d’exploitation des ressources naturelles qui obtiennent l’aval d’Ottawa sans l’appui des Premières Nations. Le manque d’argent pour les écoles autochtones fait également en sorte que le droit à l’éducation de milliers d’enfants est bafoué au pays. Car si 2,6 milliards $ sur cinq ans ont été annoncés pour les écoles primaires et secondaires des réserves à travers le pays, on n’a pas vraiment vu d’effet sur le terrain, note Béatrice Vaugrante de la section francophone d’Amnistie internationale Canada.

«Ces sommes-là ne sont toujours pas là, on n’a toujours pas vu aujourd’hui la mise en place concrète. C’est tous les jours que des enfants sont discriminés chez-nous, tout ça parce qu’ils sont autochtones», a-t-elle déploré en point de presse, mardi.

Si l’organisme se réjouit qu’une enquête sur les femmes et les filles autochtones assassinées ou disparues ait été lancée, il s’inquiète toutefois que le cadre de référence ne s’attarde pas précisément à leur relation avec les policiers.

En entrevue, la ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Bennett, a dit s’attendre à ce que cet aspect soit étudié lors de l’enquête.

«Absolument. Nous avons été très clairs (…) que le sexisme et le racisme dans les corps policiers, le besoin de réformer le système des services sociaux aux enfants, l’enjeu des abus envers les enfants, ce sont des choses qui ont besoin d’une vraie investigation par la commission», a-t-elle noté. Elle a par ailleurs défendu le bilan de son gouvernement jusqu’à présent, notant toutefois qu’il y avait beaucoup de retard à rattraper.

Badawi

Amnistie internationale aimerait par ailleurs que le premier ministre Justin Trudeau s’implique personnellement pour la libération du blogueur saoudien Raïf Badawi et qu’il hausse le ton envers Riyad.

«Le bilan des droits humains en Arabie saoudite s’empire et on a toujours les mêmes méthodes de diplomatie. C’est pourquoi, à ce stade-ci, on demande à M. Trudeau d’élever le ton et de demander lui-même, aussi, la libération de Raïf Badawi», a signalé Mme Vaugrante.

À cela, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, répond que d’énormes efforts sont déployés pour sa libération et qu’ils ne sont pas toujours connus du public.

«Une des façons par lesquelles on travaille, c’est qu’on évite la stratégie ouverte. On ne peut pas vous dire tout ce qu’on fait, parce que notre seul objectif, ce n’est pas de bien paraître au téléjournal du soir, c’est de faire en sorte que M. Badawi puisse être un homme libre et être avec sa famille», a insisté M. Dion.

Amnistie internationale souhaiterait par ailleurs qu’Ottawa réévalue son accord de ventes d’armes à l’Arabie saoudite.

Malgré ces points moins reluisants, l’organisme n’hésite pas à affirmer dans son rapport que le gouvernement Trudeau «a réalisé de grands progrès».

Alors que sévit la crise des migrants, que des atrocités sont commises en Syrie et qu’on assiste à un courant de «haine» en lien avec les élections américaines et au Brexit, le Canada a «offert un exemple encourageant» au reste du monde, a soutenu son secrétaire général Alex Neve.

«Mais ce n’est pas le moment de nous asseoir sur nos lauriers. La moitié du chemin n’est, après tout, que la moitié du chemin. En 2017, il est temps de parcourir le reste de la distance», a-t-il plaidé.

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