Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Plusieurs commerces de marijuana doivent ouvrir leurs portes à Montréal, jeudi, bien que la loi canadienne interdise toujours la possession et la vente de cannabis à des fins non médicales.

La militante promarijuana Jodie Emery affirme que de cinq à dix «dispensaires» seront inaugurés dans la métropole québécoise.

Jodie Emery est copropriétaire de la marque Cannabis Culture avec son mari, Marc Emery, aussi connu sous le nom de «prince du pot» canadien. Les adresses de huit commerces ont été dévoilées mercredi soir.

Elle affirme que les investisseurs se pressent pour implanter des points de vente alors qu’Ottawa se prépare à légaliser le cannabis.

«Un de nos investisseurs a décidé d’ouvrir des franchises à Montréal et nous recevons des demandes d’à travers le Canada pour en ouvrir dans pratiquement chaque ville», a-t-elle affirmé, précisant que tout client âgé de 19 ans et plus pourra s’y procurer de la marijuana sans abonnement ni ordonnance médicale.

En vertu de la réglementation actuelle, de tels établissements demeurent illégaux. Le premier ministre Justin Trudeau soutient que les restrictions relatives à la marijuana s’imposent toujours et ce, jusqu’à leur assouplissement officiel.

Mme Emery, qui sera présente à Montréal à l’occasion des lancements, rapporte que ni les policiers ni les autorités municipales ne l’ont contactée jusqu’à maintenant.

Dans un communiqué, le Service de police de la Ville de Montréal (SVPM) a signalé plus tôt cette semaine que de tels «dispensaires» sont interdits et que ses agents pourraient intervenir en cas d’infraction.

Interrogé sur ces ouvertures imminentes, le maire Denis Coderre a lui aussi rappelé que les lois fédérales sont toujours en vigueur, ajoutant toutefois qu’elles seraient modifiées au printemps prochain.

Dans son rapport, le Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabis a recommandé que la nouvelle loi permette les ventes en magasin et les commandes postales pour les Canadiens ayant atteint la majorité.

Des détaillants de Cannabis Culture situés en Colombie-Britannique et dans les villes ontariennes de Toronto et Peterborough ont déjà fait l’objet de descentes policières.

«J’espère qu’ils seront plus progressistes et tolérants et qu’ils permettront à notre entreprise d’opérer tant que nous ne faisons pas de mal», a poursuivi Jodie Emery, qui dit espérer que ses franchises servent de modèle pour toute future distribution légale.

Elle précise que si des rafles policières frappent les commerces montréalais, elle compte les rouvrir dès le lendemain.

«La menace d’arrestation fait partie de la désobéissance civile», a-t-elle exposé. «Nous la transgressons publiquement pour démontrer l’injustice de la loi. Si l’on subit une descente, ça ne fera que prouver qu’on fait du tort à des gens pacifiques, non violents.»

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