Pour une neuvième année, Métro remet ses Métro d’or. Pour 2016, le choix n’a pas été facile. Plusieurs personnes ont contribué à faire de l’actualité des 12 derniers mois un portrait fort chargé. Pour clore l’aventure, nous avons voulu exposer les bons et moins bons coups de 2016.  Voici le tableau non exhaustif de ces acteurs de l’actualité locale et nationale.

Statue of Lady Justice (Justitia) in Frankfurt, Germany

Gagnants de l’année: tous ceux qui ont échappé à leur procès à cause de l’arrêt Jordan

L’ancien patron de BCIA Luigi Coretti,  de nombreux motards arrêtés lors de l’opération SharQ, le chef présumé des Hells Angels Salvatore Cazzetta, deux anciens employés de l’arrondissement d’Outremont arrêtés en 2010 en même temps que l’ex-maire Stéphane Harbour: aucune de ces personnes ne subira son procès en raison des délais trop longs dans les procédures engagées contre elles. Pourquoi? L’arrêt R. c. Jordan de la Cour suprême a invalidé en juillet les condamnations de Barrett Richard Jordan pour une affaire de vente de drogue en Colombie-Britannique. C’est que la Charte des droits et libertés assure que «tout inculpé a le droit d’être jugé dans un délai raisonnable» et qu’«un délai déraisonnable représente un déni de justice pour l’inculpé, les victimes, leurs familles et la population dans son ensemble». Pressé par la grogne populaire, le gouvernement a adopté début décembre un projet de loi et promis 175M$ pour réduire les délais judiciaires. Dossier à suivre en 2017… Rachelle McDuff

Finalistes: Jean-François Lisée, Valérie Plante

staffordshire bull terrier in front of white background

Perdants de l’année: les pitbulls

Les pitbulls ont suscité un vif débat au Québec à la suite de la mort de Christiane Vadnais, dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles. Des villes comme Brossard, Québec, Candiac et Saint-Constant ont décidé bannir ces bêtes. Même le gouvernement du Québec envisage de légiférer. À Montréal, le règlement, qui interdit l’arrivée de nouveau chien de type pitbull et qui impose des conditions très strictes aux maîtres qui veulent conserver leur animal, a fait l’objet d’une bataille judiciaire. La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA), qui juge le règlement «répressif et discriminatoire», a réclamé sa suspension, le temps que les tribunaux se prononcent sur le fonds de la question. La Cour supérieure lui a accordé une injonction en octobre puis, en décembre, la Cour d’appel a renversé sa décision, ce qui a entraîné un branle-bas dans les cliniques d’enregistrement.  À suivre en 2017. Marie-Eve Shaffer

Finalistes: les sources des journalistes sous écoute, la protection des données

Culture du violMots de l’année: Culture du viol

L’année 2016 a encore été éprouvante pour les femmes, qui ont été victimes de violences sexuelles. Les nouvelles dénonciations (comme celles concernant les agressions à l’Université Laval ou celle d’Alice Paquet envers le député libéral Gerry Sklavounos) et les histoires qui ont connu de nouveaux développements (le cas des femmes autochtones de Val-d’Or, les allégations concernant Marcel Aubut, l’histoire du juge albertain qui avait demandé à une victime d’agression pourquoi elle n’avait pas «serré les genoux») ont été nombreuses. Sans oublier la diffusion, cette année, d’un enregistrement de 2005 où on entend le nouveau président des États-Unis, Donald Trump – lui-même accusé d’agressions sexuelles –, déclarer qu’on peut «attraper [les femmes] par la chatte» alors qu’il raconte qu’une star peut leur faire ce qu’elle veut… Qu’on y adhère ou pas, l’expression «culture du viol» – qui, en gros, signifie que les victimes d’agressions sexuelles sont souvent culpabilisées, et les agresseurs, souvent déresponsabilisés – s’est taillée une place importante dans le vocabulaire de plusieurs cette année. Andréanne Chevalier

Finalistes: REM, burkini, queer

15$Chiffre de l’année: 15$

Des économistes et des groupes d’intérêts corporatistes le qualifient de potentielle catastrophe pour les entrepreneurs. Des syndicats et des organismes communautaires le présentent comme une nécessité vitale pour les travailleurs. Qui dit vrai? Le débat sur le salaire minimum à 15$ l’heure a occupé énormément d’espace au Québec en 2016. Si bien que, durant l’année, tous les acteurs politiques, sociaux et économiques de la province ont été forcés de prendre position. Les grandes centrales syndicales du Québec ont lancé une campagne afin de promouvoir l’idée. L’entrepreneur Alexandre Taillefer s’est affiché en faveur de la mesure. Les partis à l’Assemblée nationale ont eux aussi dû se prononcer: les solidaires et les péquistes sont pour, les caquistes sont contre et les libéraux tergiversent. Alors que de grandes villes américaines commencent à l’adopter (Seattle, Washington, San Francisco), le salaire
minimum à 15 $ continuera de soulever
les passions chez nous en 2017. Maxime Huard

Finalistes: 10 ans de travaux à Mont­réal, 1,3 G$US donnés par Québec à Bombardier

 

Gas pipeline in Wyoming

Objets de l’année: les pipelines

Année remplie sur le front des pipelines! Les opposants ont gagné deux batailles (Bakken pipeline et Northern Gateway) et déboulonné les commissaires fédéraux chargés d’étudier le projet Énergie Est. De son côté, l’industrie albertaine a vu deux pipelines autorisés par Justin Trudeau (Kinder Morgan et Ligne 3). Elle compte sur Donald Trump pour ressusciter le projet Keystone XL. Notre souhait pour 2017: que Denis Coderre dévoile le plan d’évacuation de l’île de Montréal que la Ville refuse de rendre public. En  cas de bris majeur du pipeline 9B dans la rivière des Outaouais, 23 des 26 prises d’eau potable de la région seraient compromises, forçant ainsi l’évacuation de l’île, selon des enseignants du Centre national de formation en traitement de l’eau. Mathias Marchal

Finalistes: les calèches du Vieux-Montréal, le sapin de Montréal

Bataille Uber taxiÉvènement de l’année: l’affrontement entre les chauffeurs de taxi et Uber

La lutte était déjà bien entamée en 2015, mais la tension a monté cette année entre les chauffeurs de taxi et le service de transport UberX, que l’industrie du taxi accuse de concurrence déloyale. Après plusieurs manifestations, deux demandes d’injonction, une commission parlementaire, des négociations entre Uber et Québec et le passage de trois ministres à la tête des Transports, le gouvernement a accouché d’un projet pilote en septembre. Celui-ci permet aux chauffeurs d’UberX de poursuivre leurs activités à condition qu’ils se plient à certaines règles, dont le paiement de redevances et de taxes. Les chauffeurs de taxi ont qualifié cette entente d’illégale et d’inéquitable. La saga devrait se poursuivre en 2017: il y a deux semaines à peine, Québec a menacé de résilier le projet pilote après qu’un ex-employé d’Uber eut confié que la multinationale avait appliqué un protocole pour échapper au fisc lors de perquisitions de Revenu Québec en 2015. Marie-Lise Rousseau

Finalistes: l’inauguration d’Azur, l’année des courses à la chefferie, les procès de Richard Bain et de Gilles Vaillancourt

Charmander pokémonBuzz de l’année: Pokémon GO

À l’été 2016, il était impossible de marcher dans la ville de Montréal sans rencontrer quelqu’un qui, tête baissée, jouait à Pokémon Go. Parfois, des centaines de personnes pouvaient se retrouver au même endroit, comme au métro Atwater, afin d’attraper des bestioles en réalité augmentée. Le jeu monopolisait aussi les manchettes sur le web. Chez Métro, on avait même un blogue complètement consacré à ça! La folie semblait sans fin. Le jeu a d’ailleurs battu plusieurs records Guinness, dont celui de l’application la plus téléchargée au cours de son premier mois (130 millions de fois) ainsi que celui de l’application ayant le plus rapidement amassé 100M$ (en 20 jours). Beaucoup ont souligné que Pokémon Go avait permis aux joueurs de sortir de chez eux, puisque le jeu se jouait à l’extérieur, et de rencontrer de nouvelles personnes. Cependant, avant même le retour en classe en septembre, le buzz était passé et on n’en a plus entendu parler. Virginie Landry

Finalistes: Ricardo et Elle France, Gaby Gravel

Quebec Premier Philippe Couillard gestures during a news conference after a cabinet shuffle at the legislature in Quebec City on Saturday, August 20, 2016. THE CANADIAN PRESS/Clement Allard

Citation de l’année: «On a littéralement sauvé le Québec» –Philippe Couillard

Pressé de questions au lendemain des résultats décevants du PLQ lors des élections partielles du 5 décembre, le premier ministre a défendu son gouvernement dans des termes… dithyrambiques. «Je suis dans l’affirmation qu’on a littéralement sauvé le Québec. Le Québec s’en allait où? On ne pose jamais cette question: où allait le Québec sans retour à l’équilibre budgétaire, sans reprise du contrôle des finances publiques et de la dette? Dans un immense mur», a répondu Philippe Couillard à une journaliste qui le questionnait sur l’impopularité de son parti. L’envolée verbale du PM en a fait sourciller plusieurs, alors que les libéraux sont au plus bas dans les intentions de vote, particulièrement chez les francophones. Alors que M. Couillard voulait tourner la page sur l’austérité, 2016 aura plutôt été marquée par une série de scandales qui ont plombé son bilan. Benoit Valois-Nadeau

Finalistes: «On n’a pas inventé la roue à trois boutons» – Sam Hamad
«Je suis en train de me faire faire l’amour par en arrière sans autorisation, crisse» – Bernard «Rambo» Gauthier

Lire aussi: 2016, vue par les chroniqueurs de Métro

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