Nathan Denette Nathan Denette / La Presse Canadienne

OTTAWA — Alors que le gouvernement de Justin Trudeau exhorte les provinces et territoires à accepter des transferts de fonds fédéraux destinés à la santé mentale, une note interne laisse entendre qu’il ne remplit pas sa propre obligation envers les enfants issus des Premières Nations qui sont atteints de troubles mentaux.

Le message obtenu en vertu de la Loi sur l’accès à l’information par le député néo-démocrate Charlie Angus révèle que dans certains cas, leurs parents n’ont d’autre choix que de les confier à des agences de protection de l’enfance pour s’assurer qu’ils reçoivent les soins appropriés.

La note destinée à la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, indique que certains services fournis aux peuples autochtones sont «moins accessibles et/ou pas financés à la même hauteur» que ceux assurés par les provinces.

Ils sont d’ailleurs fournis par des «paraprofessionnels ou généralistes», alors que seuls des spécialistes les dispenseraient à l’extérieur des réserves, est-il précisé.

La note interne fait également état d’un sous-financement qui mène à des séjours prolongés à l’hôpital et à des relocalisations, en plus d’éreinter les soignants.

Les enfants que l’on réfère à des programmes provinciaux font souvent face à de longs voyages et délais sans égard à leur culture ou à leurs traumatismes, est-il ajouté.

Le message conclut qu’afin de combler ces lacunes considérables, des investissements supplémentaires de même qu’une approche coordonnée et conforme aux besoins des familles seront nécessaires.

Charlie Angus reproche au gouvernement fédéral de «faire la morale» aux provinces et territoires alors qu’il ne se penche pas sur la situation qui relève de sa propre compétence.

Le député s’indigne que les libéraux eurent affirmé que les transferts ciblés auraient suffi pour que tout Canadien âgé de moins de 25 ans reçoive des soins adéquats en matière de santé mentale.

«Quand ils parlent de tous les Canadiens, ils parlent en fait de tous les Canadiens sauf les gens issus des Premières nations et c’est inacceptable en 2016», a-t-il lancé en entrevue avec La Presse canadienne.

Lundi, les provinces et territoires ont rejeté en bloc l’offre fédérale qui prévoyait une enveloppe de 11,5 milliards $ sur 10 ans destinée principalement aux soins à domicile et à la santé mentale.

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