WINNIPEG — Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a l’intention d’apporter des changements aux règles en matière de financement politique, ce qui pourrait, selon un analyste, aider les conservateurs à consolider leur capacité à dépenser et à déployer des campagnes publicitaires contre les partis de l’opposition.

M. Pallister considère l’idée d’augmenter les limites relatives aux contributions politiques et aux montants que les formations politiques et leurs candidats sont autorisés à dépenser, a-t-il affirmé dans une entrevue de fin d’année accordée à La Presse canadienne.

Il a dit vouloir s’assurer que le système soit juste et transparent.

Le Manitoba interdit tout don fait par des syndicats ou des sociétés et limite les contributions individuelles pouvant être versées à un parti politique à 3000 $ par année. M. Pallister estime que ce sont les règles parmi les plus strictes au Canada.

Au Québec, depuis 2013, la limite des dons individuels aux partis politiques est de 100 $ par année, alors qu’elle était de 1000 $ auparavant. Pour compenser cette baisse de la limite des contributions individuelles, le financement public de l’État québécois a été augmenté.

Le premier ministre manitobain fait valoir que hausser les limites des contributions permettrait aux partis de la province de mieux y arriver en l’absence de la subvention publique qui a été éliminée, plus tôt cette année, par le gouvernement. Cette aide financière était déterminée en fonction du nombre de votes récoltés lors des plus récentes élections.

Le professeur émérite en sciences politiques Paul Thomas, de l’Université du Manitoba, estime que la hausse des limites solidifierait les avantages dont bénéficient déjà les progressistes-conservateurs avec leur machine sophistiquée de collecte de fonds.

«Cela renforcerait un avantage qu’ils ont présentement, a-t-il dit. Le NPD (…) a tenté de devenir plus efficace à récolter des dons auprès de petits donateurs, mais je ne sais pas s’ils seront capables de maintenir le rythme face aux conservateurs.»

Même lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les progressistes-conservateurs amassaient le double du financement du NPD. Ce dernier parti a d’ailleurs vu ses contributions décroître dramatiquement depuis sa défaite électorale.

Les changements proposés au Manitoba sont dénoncés par Démocratie en surveillance, un organisme établi à Ottawa. Son cofondateur, Duff Conacher, affirme que la hausse des contributions et des limites de dépenses des partis rendrait le système moins équitable.

«Un système de financement politique démocratique maintient le principe d’une personne, un vote, et cela signifie que personne ne devrait être autorisé à donner plus que ce qu’un électeur moyen peut se permettre», a-t-il dit.

Selon M. Conacher, la limite des contributions politiques en vigueur au Québec est plus appropriée.

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