Andrew Vaughan Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

SAINT-JEAN, N.-B. — La Couronne demandera à la Cour suprême du Canada la permission d’en appeler du jugement qui a infirmé le verdict de culpabilité prononcé contre Dennis Oland au Nouveau-Brunswick. La défense, dans une requête distincte, pourrait alors demander au plus haut tribunal du pays d’acquitter l’homme accusé du meurtre de son père en 2011.

Un jury avait reconnu Dennis Oland coupable de meurtre non prémédité en décembre 2015, mais ce verdict a été infirmé par la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick en octobre. La Cour a estimé que le juge de première instance avait commis des erreurs dans ses directives au jury et elle a ordonné la tenue d’un nouveau procès.

Les parties devaient discuter mardi, au palais de justice de Saint-Jean, de la date d’ouverture de ce nouveau procès. Or, la Couronne a annoncé au tribunal que le ministère public voulait en appeler de la décision de la Cour d’appel. La procureure Kathryn Gregory a par ailleurs indiqué que quoiqu’il advienne en Cour suprême, la Couronne souhaitait procéder le plus rapidement possible dans le nouveau procès.

Mais l’avocat de M. Oland a plaidé qu’il serait prématuré d’aller de l’avant avec un nouveau procès tant que la Cour suprême du Canada n’aura pas statué sur la demande d’appel de la Couronne, ou sur un éventuel pourvoi de la défense, qui demanderait alors l’acquittement.

Les avocats des deux parties attendent toujours la version finale et écrite du jugement d’octobre de la Cour d’appel, qui doit être publiée le 12 janvier. La Couronne disposera alors de 10 jours pour l’étudier avant de déposer sa requête en Cour suprême. La défense aurait ensuite 60 jours pour déposer un pourvoi au même tribunal.

Quoiqu’il advienne en Cour suprême, il est peu probable que la Cour du Nouveau-Brunswick fixe avant le mois d’août une date pour la tenue du nouveau procès. L’avocat de la défense, Gary Miller, ne croit pas que ce procès pourrait s’ouvrir avant 2018.

Présent à l’audience de mardi, Dennis Oland n’a offert aucun commentaire à sa sortie du palais de justice. Son avocat a soutenu que l’accusé tient bon. «Il s’est accroché pendant cinq ans et demi, et il continue à faire preuve d’une force incroyable», a-t-il dit.

L’homme d’affaires néo-brunswickois Richard Oland avait été retrouvé mort, dans une mare de sang, au milieu de son bureau de Saint-Jean en juillet 2011. Il avait été frappé de 45 coups à la tête, au cou et aux mains, mais l’arme du crime n’a jamais été retrouvée.

Les Oland sont issus d’une vieille famille d’entrepreneurs du Nouveau-Brunswick. Leur ancêtre Susannah Oland avait fondé la brasserie Moosehead à Saint-Jean en 1867. Richard Oland avait quitté l’entreprise familiale au début des années 1980.

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