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Parce qu’elle avait opté pour des coups à la tête pour éduquer son enfant, une ancienne propriétaire de garderie a été condamnée à 100 heures de travaux communautaires. Son conjoint, accusé d’avoir saisi l’enfant à la gorge à deux reprises, a quant à lui obtenu une absolution inconditionnelle.

Le juge Marc E. Grimard a rendu sa décision le 19 décembre, après que les deux accusés, tous deux représentés par Me Marc Lemay, eurent enregistré un plaidoyer de culpabilité.

L’homme, qui n’est pas le père biologique de l’enfant, faisait face à deux chefs de voies de fait pour deux événements isolés qui s’étaient produits alors que la victime était âgée de 8 ans, puis de 14 ans. Quant à la femme, le chef de voies de fait qui avait été déposé contre elle faisait référence à des gestes qui s’étaient étalés pendant sept ans à compter de la naissance de l’enfant.

Des coups à la tête pendant sept ans
«Dans le cas de Madame, qui n’avait aucun antécédent judiciaire, on parle de coups répétés à la tête sur une longue période. Il s’agit d’une méthode éducative tout à fait déraisonnable. Les gestes ont cessé lorsqu’il y a eu dénonciation à la Direction de la protection de la jeunesse», a fait valoir la procureure de la Couronne, MeMichèle Lacasse.

L’accusée a mentionné au juge Grimard que depuis le début des procédures judiciaires, en août 2015, elle avait sombré dans la dépression et elle avait cessé d’opérer sa garderie. Elle a aussi indiqué ne pas avoir revu son enfant depuis février 2015. Celui-ci vit maintenant chez son père biologique.

«Je donnais une claque de temps en temps en me virant. Je ne visais pas forcément la tête. Je pouvais frapper le bras, l’épaule, mais je ne visais pas une partie du corps en particulier», a tenté de se justifier la mère de l’enfant. «Il y a aussi eu beaucoup de chantage de la part de l’enfant et de son père biologique», a ajouté MeLemay.

Le juge Marc E. Grimard est cependant demeuré impassible et a acquiescé à la demande de Me Lacasse. Il a donc condamné l’accusée à 100 heures de travaux communautaires et à une probation d’un an, au cours de laquelle il lui sera interdit d’entrer en contact avec la victime, sauf avec le consentement écrit de celle-ci.

Discipline musclée
En ce qui concerne le conjoint de l’accusée, qui lui non plus n’avait aucun antécédent judiciaire, la procureure de la Couronne a fait savoir que pour le premier chef, il avait saisi l’enfant à la gorge lors d’une chicane avec un autre enfant. «Le geste n’a duré que quelques fractions de seconde, mais il demeure néanmoins inacceptable», a-t-elle lancé. Le deuxième geste, qui avait duré moins d’une dizaine de secondes, avait été posé dans un cadre de discipline, plus de six ans plus tard.

Des gestes pour faire peur
Signalant que son client avait effectué le matin même un don volontaire de 500 $ au Centre d’aide aux victimes d’actes criminels, Me Marc Lemay a demandé une absolution inconditionnelle en raison de la nature isolée des gestes, de son emploi et du fait qu’il est l’unique soutien de la famille.

«Si j’ai un casier judiciaire, c’est le chômage puisque je travaille dans le domaine de la sécurité, a expliqué l’accusé. Ce sont toujours des gestes qu’on regrette. Je n’ai toutefois jamais serré la gorge. L’enfant avait une part de torts. Je voulais lui faire comprendre, lui faire peur.»

«Monsieur, l’enfant était âgé de huit ans! Vous vouliez lui faire comprendre quoi?», s’est exclamé le juge Grimard, visiblement indigné. Il s’est néanmoins rangé aux arguments de Me Lemay et a accordé à l’accusé une absolution inconditionnelle. Celui-ci devra cependant payer une suramende compensatoire obligatoire de 100 $.

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