TORONTO — Le ministre des Finances, Bill Morneau, laisse entendre que le prochain budget du gouvernement fédéral sera suffisamment souple pour pouvoir s’ajuster au climat économique qui découlera des décisions prises par l’administration du président désigné des États-Unis, Donald Trump.

M. Morneau, qui a rencontré vendredi une dizaine d’économistes du secteur privé, à Toronto, n’a pas offert de détails lorsque questionné sur l’impact de l’élection de M. Trump sur la préparation du budget.

Il a cependant indiqué avoir l’intention de faire preuve de prudence et de planifier les investissements à venir «pour nous assurer que nous ayons la capacité de fonctionner dans l’environnement dans lequel nous nous trouverons.»

Certains s’inquiètent des difficultés que pourrait représenter la nouvelle administration américaine pour l’économie canadienne, particulièrement en ce qui a trait à l’imposition de tarifs douaniers.

L’économiste en chef du Conference Board du Canada, Craig Alexander, a souligné que M. Trump avait promis de gonfler les dépenses en infrastructures et de réduire les impôts des entreprises et des particuliers pour alimenter la croissance des États-Unis, ce qui serait positif pour le Canada.

Cependant, toute mesure visant à renforcer le protectionnisme ou à forcer le déplacement d’investissements d’affaires vers les États-Unis pourrait nuire au Canada, a prévenu M. Alexander.

Reste à voir si de telles mesures seront mises en place ou non.

Mais certaines déclarations d’un porte-parole du président désigné, rapportées vendredi par l’agence Bloomberg, laissent croire que le secteur automobile du Canada ne sera pas à l’abri d’une taxe frontalière.

«Lorsqu’une entreprise qui est aux États-Unis déménage à un endroit, que ce soit au Canada ou au Mexique, ou dans n’importe quel autre pays qui place les travailleurs américains en situation de désavantage, (l’administration Trump) va faire tout ce qu’elle peut pour la décourager», a affirmé Sean Spicer.

Un rapport publié jeudi par la Banque Nationale prévient que les exportations de biens canadiens vers les États-Unis pourraient diminuer d’environ neuf pour cent si M. Trump mettait en place un ajustement fiscal à la frontière de 10 pour cent sur les importations.

S’adressant aux journalistes à la sortie de sa rencontre avec les économistes, le ministre Morneau a dit qu’Ottawa prévoyait insister sur l’importance du commerce canado-américain dans ses discussions avec la nouvelle administration.

«Le Canada est la destination numéro un des exportations de 35 des États américains», a précisé M. Morneau. «Cela donne un élan critique aux emplois américains, et bien sûr, c’est aussi avantageux pour le Canada. Alors cela sera le cadre de nos discussions.»

Certains des principaux conseillers du premier ministre Justin Trudeau ont récemment rencontré des membres du cercle restreint de M. Trump.

«Nous avons eu un dialogue préliminaire avec l’administration entrante, et c’est positif parce que nous voulons avoir une solide relation avec la nouvelle administration», a affirmé M. Morneau.

«Nous allons continuer à représenter les intérêts du Canada, comme nous l’avons toujours fait, de telle sorte que cela fera progresser notre cause. Mais nous ne sommes pas encore rendus au point où nous pouvons parler officiellement avec la nouvelle administration.»

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