OTTAWA — L’Église anglicane du Canada élabore présentement des excuses officielles nationales pour offrir aux victimes d’un prêtre pédophile qui avait agressé sexuellement des garçons autochtones en Ontario au cours des années 1970 et 1980.

Ralph Rowe, ancien pilote de l’armée de l’air et ex-policier, avait été ordonné en 1975. Le prêtre anglican, qui était aussi chef scout, a agressé des garçons dans une quinzaine de villages éloignés du nord-ouest de l’Ontario. Il a été reconnu coupable de dizaines de chefs d’accusation et il a passé environ cinq ans en prison pour ses crimes.

Le secrétaire général de l’Église anglicane du Canada, Michael Thompson, reconnaît toute la détresse semée par Rowe derrière lui. «Nous sommes conscients qu’il a infligé des traumatismes non seulement sur des personnes mais aussi sur des communautés entières, et que les effets transcendent les générations», écrit-il dans une déclaration publiée sur le site de la congrégation.

M. Thompson soutient que l’Église anglicane du Canada a entrepris depuis 20 ans des efforts de médiation avec les communautés touchées. Elle a aussi aboli le diocèse nordique de Keewatin, où a sévi le père Rowe, pour le remplacer par le ministère autochtone de Mishamikoweesh, dirigé par l’évêque anglicane Lydia Mamakwa.

Le primat de l’Église anglicane du Canada, l’archevêque Fred Hiltz, prépare actuellement, avec Mme Mamakwa, des excuses officielles nationales qui seront offertes aux victimes du prêtre pédophile, a-t-on indiqué.

Cette annonce survient alors que la communauté des Premières Nations de Wapekaka, à 600 kilomètres au nord de Thunder Bay, est secouée par le suicide de deux adolescentes de 12 ans, plus tôt ce mois-ci.

Le grand chef Alvin Fiddler, de l’organisme Nishnawbe Aski, qui représente 49 communautés du nord de l’Ontario, soutient que l’Église anglicane doit assumer sa part de responsabilité pour ce qui arrive dans ces communautés, «en particulier pour le nombre dramatiquement élevé de suicides chez les jeunes».

Selon le secrétaire général Thompson, l’Église unie reconnaît que ses «gestes passés ont contribué à créer un héritage de cassures au sein de certaines communautés des Premières Nations».

«En dépit d’échecs et de faux départs dans le passé, nous sommes prêts à renouveler notre engagement vers le dialogue et la sagesse, qui nous aideront à comprendre davantage nos responsabilités et à agir plus efficacement», a-t-il convenu.

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