Le réchauffement climatique fait monter le niveau des océans en provoquant la fonte des calottes glaciaires et en élevant la température des océans.

La multitude de programmes élaborés pour aider les habitants du Grand Nord à s’adapter aux changements climatiques ne s’est toujours pas soldée par des mesures tangibles, conclut une étude.

Des Inuits du Nunavut préviennent depuis 15 ans que les bonnes vieilles façons de faire en matière de construction, de transport et de chasse tiennent de moins en moins la route, à cause des effets des changements climatiques sur la géographie et le paysage. Divers intervenants ont depuis élaboré des plans et formulé des recommandations, mais les gestes concrets sur le terrain se font toujours attendre, conclut Jolène Labbé, chercheuse au département de géographie de l’Université McGill.

Les résultats de son étude sont publiés dans le site des Presses scientifiques du Conseil national de recherches du Canada.

En analysant des documents existants et des entrevues avec des responsables, Mme Labbé a retracé l’existence de 700 initiatives visant à aider les Inuits du Nunavut à s’adapter aux changements climatiques. Or, moins du tiers de ces initiatives se sont traduites par des gestes concrets, a-t-elle constaté.

Le gouvernement du Nunavut est conscient du problème depuis au moins 15 ans. Déjà, en 2001, on évoquait un gel des lacs et des rivières plus tardif et plus lent, ce qui peut entraîner un changement dans l’itinéraire ancestral des chasseurs sur les glaces. De même, les caches où le chasseur entreposait jusqu’ici la nourriture ne conservent plus adéquatement les aliments, à cause du temps plus doux. Et les signes avant-coureurs de tempêtes ne sont plus ce qu’ils étaient pour les habitants du Grand Nord.

Malgré ces avertissements, et beaucoup d’autres lancés depuis, bien peu de mesures ont été planifiées pour faire face aux changements climatiques, observe Mme Labbé. «Les initiatives semblent survenir par à-coups, sans véritable vision à long terme.»

Un long processus

Colleen Healey, directrice du Secrétariat aux changements climatiques du Nunavut, a lu l’étude de Mme Labbé et elle partage la plupart de ses conclusions. Les plans d’adaptation élaborés par sept communautés du Nunavut n’ont pas donné les résultats escomptés, admet-elle. «Essentiellement, il s’agissait de plans pour élaborer un plan (…) pas vraiment un plan concret qui pouvait être repris par un maire et mis en place tel quel: il fallait ensuite trouver les nouveaux budgets, embaucher davantage de consultants.»

Beaucoup d’énergie a d’ailleurs été mise jusqu’ici sur la formation du personnel et l’éducation populaire, rappelle Mme Healey. «L’adaptation est un très long processus: il faut changer les mentalités.»

Mais des gestes plus concrets commencent à être posés, soutient-elle. On cartographie actuellement, par exemple, le pergélisol afin d’aider les habitants à choisir l’endroit où ils voudront bâtir leur maison. Les stations-service offrent gratuitement des radiobalises pour ceux qui s’éloignent du village. Et les chasseurs sont maintenant invités à emporter avec eux trois jours de provisions, en cas de mauvais temps imprévu.

Les scientifiques ont annoncé la semaine dernière que 2016 avait été l’année la plus chaude sur la planète depuis le début des relevés de températures en 1880; il s’agissait alors du troisième record annuel consécutif de chaleur.

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