Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Personne n’est à l’abri des arnaques, même les jeunes habitués à la technologie, a réitéré le Bureau de la concurrence du Canada en dévoilant avec des partenaires le bilan des 10 fraudes les plus populaires de 2016.

Celles-ci ont été compilées par le Bureau d’éthique commerciale, ou Better Business Bureau, à l’aide de son outil Scam Tracker ainsi qu’avec des informations du Centre antifraude du Canada et d’Option consommateur (Québec), entre autres organismes.

Le stratagème qui a généré le plus de plaintes l’an dernier est celui des fausses offres d’emplois. Mais celui qui a été le plus rentable pour les criminels est celui des fraudes amoureuses, a indiqué le Bureau de la Concurrence lors d’un point de presse tenu mardi à Montréal dans le cadre du mois de la prévention de la fraude.

En 2016, le Bureau de la concurrence et le Centre antifraude du Canada ont reçu près de 90 000 plaintes en 2016, comparativement à un peu moins de 70 000 en 2015.

Les fraudes envers les Canadiens ont totalisé 91 millions $ en 2016, soit près de 30 millions $ de plus que l’année précédente, précise de son côté le Bureau d’éthique commerciale.

Le Bureau de la Concurrence rappelle que si une offre semble «être trop belle pour être vraie», c’est probablement le cas.

Palmarès des arnaques, selon le nombre de plaintes

1.Les fausses offres d’emploi (5,3 millions $)

Un employeur — que vous n’avez probablement jamais contacté — vous fait miroiter un emploi. Il vous demande de déposer un chèque, en précisant que l’argent vous sera éventuellement retourné. Aucun employeur ne vous fera pareille demande, précise le Bureau de la concurrence.

2.Les fraudes amoureuses (17 millions $)

Un fraudeur utilise une fausse identité et de fausses photos pour séduire en ligne. Ces arnaqueurs gagnent la confiance des personnes qu’ils rencontrent en ligne, leur font la cour, et ensuite les manipulent pour leur soutirer de l’argent. Souvent, l’arnaqueur prétend qu’il voyage à l’extérieur du pays pour expliquer pourquoi un rendez-vous en personne ne peut avoir lieu. Et pour soutirer des sous, il peut faire valoir, par exemple, qu’un membre de sa famille a besoin de soins médicaux urgents.

3.Vols d’identité (11 millions $)

Le fraudeur dérobe votre identité de toutes sortes de façons, parfois par piratage informatique et aussi en trouvant des factures et des relevés bancaires dans votre bac à recyclage. Il se sert ensuite de ces précieuses données pour obtenir des cartes de crédit ou louer une propriété. Même les enfants peuvent se faire voler leur identité. Il est recommandé de changer fréquemment les mots de passe.

4.Un prêt accordé — mais avec des frais payables à l’avance (1,1 million $)

Ces fraudeurs profitent de gens qui ne peuvent obtenir de prêt autrement dans un établissement financier.

5.Fraudes lors d’achats en ligne (8,6 millions $)

Les possibilités sont illimitées selon ce qui est recensé par le Bureau de la concurrence. Produits contrefaits, de faux sites web, des objets achetés qui n’arrivent jamais, des essais gratuits trompeurs ou des cadeaux d’échantillons — avec par la suite des frais mensuels sur les cartes de crédit du consommateur qui a accepté de les recevoir.

6. Fausses demandes de virement (13 millions $)

Les entreprises sont gravement touchées par le harponnage. Le fraudeur va utiliser l’identité d’un membre de la direction d’une entreprise et demande qu’un virement soit effectué à une fausse adresse de courriel de cette même entreprise. Le consommateur reçoit alors un courriel qui semble légitime et transfère des fonds.

7. Fraude d’option binaire (7,5 millions $)

On vous promet un rendement élevé pour votre argent si vous l’investissez. En fait, il ne s’agit pas d’un investissement, mais d’un pari non réglementé où vous avez une chance sur deux de perdre. Les gains se feront attendre — mais pas les pertes.

8.Faux gains de loterie (3 millions $)

Sans avoir acheté de billet, vous êtes contacté par quelqu’un qui vous annonce que vous avez gagné un gros lot! On vous informe que vous n’avez qu’à payer l’impôt ou des frais d’assurance et la cagnotte est à vous. Souvent, il s’agit d’une importante loterie américaine.

9. Faux appels de l’Agence du revenu du Canada (4,3 millions $)

Un agent vous contacte par courriel ou par téléphone: il vous explique que vous devez de l’argent, parfois menace de lourdes sanctions ou pénalités si l’argent n’est pas immédiatement transmis ou encore demande des renseignements personnels prétextant vouloir vérifier votre identité. L’Agence ne fera jamais de menaces au téléphone et ne vous demandera pas d’informations personnelles par courriel ou par téléphone, précise le Bureau de la concurrence.

10. Fausses recommandations en ligne et contenu commandité (montant indéterminé)

Les critiques positives et recommandations de produits ou de services sur les médias sociaux ne sont pas toujours véridiques, et souvent sont formulées par des personnes rémunérées dans ce but, est-il indiqué par les partenaires de ce palmarès.

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!