Claudio Onorati/ANSA via Associated Press La mannequin Suki Waterhouse, héroïne de The Bad Batch

métro à veniseNotre journaliste Natalia Wysocka se trouve présentement à la Mostra de Venise, célèbre festival international de cinéma en Italie.

À Cannes, l’an dernier, il y a eu Mad Max: Fury Road. À la Mostra, désormais, il y a The Bad Batch. «Un conte de fées, d’action et d’aventure qui se déroule dans un décor désertique», dixit sa réalisatrice et scénariste, Ana Lily Amirpour. En bref: un gros trip.

Cinéaste trentenaire née en Angleterre, d’origine iranienne et résidant à L.A., Ana Lily Amirpour s’est fait remarquer avec son premier long métrage, A Girl Walks Home Alone at Night. Deux ans après ce récit vampirique en noir et blanc, elle arrive en compétition à Venise avec une fable d’anticipation qui combine cannibales, planches à roulettes, drogues dures et lapins. Entre moult autres choses.

La conférence de presse avec l’équipe, qui s’est tenue hier, a débuté par cette remarque de l’animatrice: «Ana Lily, vous avez dit que The Bad Batch était une lettre d’amour à l’Amérique rédigée sous la forme d’un western.» «Je n’ai jamais dit ça», a rétorqué la réalisatrice de façon assez brusque. Puis, elle s’est reprise: «Je pense que c’est une lettre d’amour à quelque chose d’américain. À tous ces aspects des États-Unis que j’apprécie et qui ne sont pas parfaits. Aux gens qui habitent le pays aussi.»

Director Ana Lily Amirpour poses during a photo call for The Bad Batch at the 73rd Venice Film Festival in Venice, Italy, Tuesday, Sept. 2016. (Claudio Onorati/ANSA via AP)

«Ce film est une épopée, un rêve, une péripétie.» – Ana Lily Amirpour, réalisatrice et scénariste, qui signe son deuxième long métrage avec The Bad Batch.

Cette célébration à sa façon est portée par une trame sonore des plus branchées. Se font entendre, notamment: l’artiste électro allemand Pantha du Prince, le producteur new-yorkais Black Light Smoke, les rockeurs anglais de White Lies. Le tournage, lui, s’est déroulé en Californie, à Bombay Beach et dans les environs. De là ces paysages dépeuplés, teintés de solitude, traversés par des tempêtes de sable. À ce sujet, la cinéaste a lancé à l’assemblée la classique devise voulant que «le décor est réellement un personnage du film». Mais dans ce cas-ci, ce n’était pas trop exagéré, ou irritant, de le remarquer. Pas trop.

Dans les dunes où elle nous entraîne, on croise, notamment, un taciturne malabar à la poitrine recouverte d’un tatouage «Miami Man». Un des rituels auxquels s’adonne cet homme? Écouter Karma Chameleon avant de craquer le cou d’une victime pour l’apprêter, par la suite, sur le grill (il n’y a pas de mauvais moment pour balancer un classique de Culture Club). Il y a aussi cet ermite hirsute à l’accoutrement en lambeaux et à la peau brûlée par le soleil, qui se balade dans les sentiers sablonneux sans piper mot. Un curieux personnage incarné par un Jim Carrey (eh oui) au premier abord méconnaissable. Un symbole, selon Ana Lily. «Même s’il n’a pas de dialogues, c’est réellement lui qui représente la bonté au cœur de cet environnement sans pitié.»

Un environnement au sein duquel la mannequin Suki Waterhouse joue un rôle de premier plan: celui d’une dure à cuire. Bien que de dur, elle n’ait «jamais rien vraiment vécu dans la vraie vie». Ou même sur un plateau – avant celui-ci. «Je suis une fille de Londres. Je viens d’une autre industrie que celle du cinéma, a souligné la jeune femme de 24 ans. Avant de commencer le tournage, Ana m’a dit que j’allais souffrir comme je n’avais encore jamais souffert. Et c’était effectivement vraiment intense.»

Interrogée à savoir si elle avait conçu ce personnage de fille audacieuse et décidée à son image, la scénariste et réalisatrice a rectifié que non. «Je m’identifie à TOUS mes personnages. Par ce procédé, je tente de comprendre et de construire qui je suis vraiment.»

Reste à savoir si sa quête aux accents futuristes saura séduire le jury de la compétition officielle.

Aussi dans Culture :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!