Cette semaine, on craque pour… Femme ta gueule, The Prison in Twelve Landscapes, Des promesses, des promesses, Fabulation de SHPIK, La résurrection d’Hassan, Montréal toujours et The Crown.

1. Femme ta gueule
Son franc-parler sans limites, son charisme fou et (de son propre aveu) son taux de testostérone «plus élevé que celui d’Éric Lapointe» permettent à Mariana Mazza de dire tout haut ce que personne n’ose dire… «ce qui s’appelle de la classe!» rigole-t-elle au début de son premier one woman show, Femme ta gueule. Avis aux oreilles chastes : la masturbation (qui ne devrait pas être taboue), la fellation (qu’elle refuse de pratiquer) et les conquêtes qu’elle «envagine» sont au nombre des sujets abordés par l’énergique jeune humoriste, qui se fait souvent très crue, mais dont le discours féministe est fort efficace. Le spectacle d’une heure et demie très rythmé fait rire d’un bout à l’autre – mention spéciale à ces messages déconcertants qu’elle reçoit sur Facebook et qu’elle partage avec nous, réponse incluse, pour notre plus grande délectation. Mariana Mazza présente Femme ta gueule au Théâtre St-Denis jusqu’à samedi, et sera de retour à Montréal du 10 au 12 février et les 2 et 3 juin. (Jessica Émond-Ferrat)

 

2. The Prison in Twelve Landscapes
Douze tableaux qui dépeignent l’omniprésence de la prison aux États-Unis… sans aucune image de prison. Du moins pas au premier plan. Un ex-détenu du Bronx reconverti dans la livraison de marchandises pour ceux restés derrière les barreaux, une radio du Kentucky qui diffuse les messages de proches, une région de ce même Kentucky frappée par la crise où le centre de détention offre une garantie d’emploi… Avec The Prison in Twelve Landscapes, la documentariste Brett Story illustre à quel point le nuage carcéral surplombe la société américaine. Au cinéma du Parc dimanche à 20 h 15 et à l’Université Concordia lundi à 19 h dans le cadre des RIDM. (Baptiste Barbe)

 

3. Des promesses, des promesses
Seule sur la scène de La Petite Licorne, Micheline Bernard donne l’impression d’être entourée. Elle habite l’espace. Miss Brodie, son personnage d’institutrice intransigeante, relate d’abord ses interactions avec un directeur qu’elle méprise et une conseillère en éducation niaise. Elle puise dans les souvenirs douloureux de son passé et exprime sa haine de la religion, qui lui a volé sa sœur. Puis arrive Rosie, une petite élève somalienne au mutisme sélectif. Miss Brodie s’opposera violemment aux fanatiques qui veulent
l’exorciser, à même sa classe. Inspiré d’une histoire vraie, le texte est troublant. Et la performance intense et authentique de Mme Bernard lui donne corps avec brio. À la Petite Licorne jusqu’au 19 novembre. (Roxane Léouzon)

 

4. Fabulation de SHPIK
Fabulation a beau être le premier opus du trio jazz montréalais SHPIK, il y a quelque chose de résolument maîtrisé dans les huit pièces instrumentales qui le composent. Le pianiste et compositeur Arnaud Spick-Saucier et ses comparses livrent un jazz accessible sans être mièvre, cinématographique et expérimental mais pas trop hermétique, qui nous séduit un peu plus à chaque écoute. À découvrir au lancement gratuit vendredi soir au Gesù en formule 5 à 7. (Jessica Émond-Ferrat)

 

5. La résurrection d’Hassan
Étant lecteurs de Métro, il y a de très bonnes chances que vous preniez fréquemment le métro (duh!), et donc que vous ayez vu, ou plutôt entendu, la famille Harting – Lauviah et ses parents, Denis et Peggy, tous trois non-voyants – chanter a capella dans quelques stations. Le documentariste Carlo Guillermo Proto a dressé un portrait intime de cette famille marquée par la mort tragique de son fils Hassan, en 2002. Cherchant un sens à ce non-sens, les Harting croient dur comme fer à sa résurrection. C’est très ésotérique, oui. Mais c’est surtout émouvant d’être témoin des souffrances de cette famille atypique. À la Cinémathèque québécoise vendredi soir et mardi à 20 h 45. (Marie-Lise Rousseau)

 

6. Montréal toujours
Au nombre de livres sur Montréal qu’on a reçus cette année, on ne va pas tarder à penser que c’est le nouveau filon des éditeurs pour remplacer celui des livres de recettes! Sauf que celui de Melissa Maya Falkenberg a deux avantages qui le distinguent : il est écrit dans le style Urbania (c-à-d divertissant) et, même si les 30 lieux visités sont (presque) tous très connus, les anecdotes sont savoureuses. Mentions pour les bagels Fairmount envoyés dans l’espace et pour le cinéma L’Amour et sa moyenne de 30 culottes récupérées chaque année. Actuellement en librairie, aux Éditions les Malins. (Mathias Marchal)

7. The Crown
La nouvelle série de Netflix retrace les premières années de règne de la reine Elizabeth II (Claire Foy) avec beaucoup de justesse et de précision. On peut compter sur la série pour en apprendre d’avantage sur les jeunes années de la monarque britannique, tout en se divertissant. Costumes et décors en mettent plein la vue, et c’est sans compter l’incroyable ressemblance des acteurs avec les personnages originaux. Un petit bémol : on a l’impression que le prince Philip (Matt Smith) est encore plus méchant qu’il ne l’était probablement en réalité. Pourtant, s’il y a une histoire qui n’a pas besoin d’être romancée… Offerte sur Netflix. (Virginie Landry)

On se désole pour…

8th January 1980: Solemn Canadian folk pop singer-songwriter Leonard Cohen shares a joke and smokes a cigarette. (Photo by Evening Standard/Getty Images)

La mort de Leonard Cohen
Leonard Cohen fait partie de cette courte liste d’hommes qui ont su élever les âmes et les Hommes par la grâce de leurs mots. Sa voix ténébreuse chantait la lumière, celle de la spiritualité, de l’amour, de cette part de divinité qui repose au creux de chaque être prenant la peine de contempler la complexité du monde et ayant le courage de s’en émouvoir. Son décès est une perte non seulement pour Montréal, mais aussi pour l’ensemble du monde des lettres. Le deuil est à la hauteur de l’artiste qu’il était : universel. So long, Leonard! (Sébastien Tanguay)

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