Scott Witter/collaboration spéciale On estime que The Cure, cofondé par Lol Tolhurst, a vendu 27 millions de disques. Le groupe a lancé 13 albums studio, 10 EP et plus de 30 simples.

En 1942, Albert Camus avait ébranlé le monde littéraire en publiant L’étranger, son premier roman, œuvre phare de l’existentialisme se questionnant sur l’absurdité du monde, le cynisme et le détachement. Trente-six ans plus tard, Lol Tolhurst et Robert Smith, deux amis originaires de la ville de Crawley, en Angleterre, se sont inspirés du travail de l’auteur franco-
algérien pour former The Cure, dont la sombre musique post-punk a défini le son du rock alternatif dans les années 1980 et 1990 en plus de connaître un succès international. Les problèmes d’alcool de Tolhurst ont cependant fini par nuire au travail du groupe et il a été mis à la porte par Smith, son ami d’enfance, en 1989. Tolhurst, maintenant âgé de 58 ans, s’ouvre à propos de son expérience au sein du groupe.

The Tale of Two Imaginary Boys est très honnête et introspectif. Quand avez-vous pris la décision de l’écrire?
J’étais en vacances à Hawaï avec ma femme Cindy en 2013 lorsque j’ai appris que The Cure donnait un concert à Honolulu. Je suis allé voir le spectacle et j’ai eu l’occasion de passer du temps avec Robert. Nous nous sommes assis et avons discuté du passé, et je lui ai dit que j’allais écrire un livre sur ma vie. J’y pensais depuis des années, mais je crois que ce fut l’élément déclencheur. Je ne voulais pas écrire l’histoire de The Cure, mais je voulais parler de la formation du groupe, parce que l’histoire n’était connue que de Robert et moi. C’est la chose la plus importante à saisir pour nous comprendre.

Qu’est-ce qui vous a incités, Robert et vous, à bâtir ce groupe? Et quelle était votre vision du groupe à ses débuts, lorsque vous avez démarré
à la fin des années 1970?
Nous voulions avant tout avoir une vie différente, pas ennuyante ni prévisible. Un groupe de musique semblait
la meilleure façon d’y arriver.

Vous avez quitté le groupe il y a 28 ans. Pourquoi pensez-vous qu’il s’agit d’un bon moment pour raconter votre histoire?
J’aurais pu écrire cette histoire lorsque j’étais dans la trentaine ou la quarantaine, mais je crois que ma perspective sur les événements est bien meilleure aujourd’hui. Après tant d’années, je suis capable d’observer objectivement mes agissements et la façon dont les choses se sont déroulées.

Vous êtes-vous toujours
 intéressé à la littérature?
Ça m’a toujours intéressé. Dès ma tendre enfance, ma mère a encouragé mon intérêt pour la lecture. Une des choses qui nous ont unis à l’adolescence, Robert et moi, était notre amour des livres.

 

Dans le livre, vous revenez
sur votre départ. Qu’avez-vous ressenti en quittant le groupe au sommet de votre carrière?
Honnêtement, c’était vraiment une question de vie ou de mort pour moi lorsque j’ai quitté le groupe. Je n’ai jamais regardé The Cure comme un plan de carrière. C’était une façon de vivre. Même si je ne joue plus avec le groupe, j’ai toujours l’impression d’en faire partie. Je crois que ce sera toujours le cas.

Craigniez-vous la réaction
de certaines personnes que vous décrivez dans le livre?
J’ai demandé à tous ceux qui auraient pu être offensés si je devais changer des éléments. Ils m’ont tous répondu de ne rien changer, que tout était parfait ainsi. Ça m’a rendu très heureux. J’ai abordé ce livre de façon autobiographique, comme un retour sur ce que j’ai vécu, pour raconter la vérité. Ce projet se devait d’être honnête, en particulier à mon sujet. En vérité, ce livre ne porte pas tant sur les autres mais plutôt sur moi et mes souvenirs.

Quelle a été la réaction 
de Robert Smith?
Je lui ai donné la première copie du livre environ six mois avant sa sortie. Il était en tournée, très occupé, et nous n’avons pas eu de contact depuis. Mais je suis sûr que je l’aurais su s’il n’avait pas apprécié.

Quel est le plus grand mythe relayé à propos de The Cure?
Que nous étions tristes et misérables. Je crois que les gens s’attendaient à nous trouver en pleurs après les concerts. Mais lorsque ma femme a rencontré Robert pour la première fois, elle m’a dit: «Wow, il est très drôle et brillant!» Les gens ne s’attendaient pas à nous voir rire, je crois. Mais nous riions!

Cured: The Tale of 
Two Imaginary Boys
Maintenant en librairie en poche
Aux Éditions Da Capo en v. o. anglaise

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