Collaboration spéciale Louis T affirme : «J’aime surprendre les gens en abordant un sujet qu’ils ne pensaient pas pouvoir être drôle.»

La Saint-Jean des humoristes, la Coalition des humoristes engagés, les premières parties de Louis-José Houde : dernièrement, on a beaucoup entendu parler de ce petit nouveau de l’humour qu’est Louis T.

Louis T avait 23 ans quand il a décidé de devenir humoriste. Un peu du jour au lendemain, avoue-t-il : «J’étudiais en administration et j’étais malheureux; je crois que ça arrive à plusieurs humoristes de décider de vivre leur rêve parce qu’ils sont malheureux dans ce qu’ils font! Par contre, même si j’ai toujours écouté les galas Juste pour rire et les spectacles d’humour avec passion à la télévision, je n’avais jamais pensé que je pourrais faire carrière là-dedans, donc je n’avais jamais osé y rêver. Jusqu’à ce que je me retrouve sur le site web de l’École nationale de l’humour, et que je m’y inscrive!»

Entre 2007 et 2010, Louis T a fait ses classes. «Je commence à me sentir assez prêt et mature pour être vu par plus de gens encore», assure-t-il. Après avoir participé à En route vers mon premier gala, pris part à divers spectacles et assuré les premières parties de Louis-José Houde, voilà qu’il se produit à Zoofest dans la série 60 minutes avec… «J’ai décidé de faire une espèce de constat de la situation de l’humain et du Québec, résume-t-il. Je dirais que j’ai tendance à être pessimiste, mais j’essaie quand même de rester drôle dans tout ça. Je suis un peu cynique sur l’état actuel des choses, mais j’aime prendre des sujets sérieux et faire rire avec : je parle d’obésité, de politique, d’armes à feu, de plusieurs sujets qui sont assez d’actualité en ce moment.»

Malgré ce qu’on pourrait penser, il n’est pas facile de parler d’actualité par les temps qui courent : «Les gens sont tellement politisés et polarisés en ce moment que tu prends tout le temps un risque; tu dis quelque chose et la moitié de la salle pense l’inverse, fait remarquer Louis T. C’est tout un défi.»

Parlant de défi, celui de faire sa place parmi une relève déjà très nombreuse doit en être un de taille, non? À en croire Louis T, cet état de fait est beaucoup plus un avantage qu’un problème. «Je crois qu’on vit une très belle époque, la relève est forte, et j’ai l’impression qu’on arrive à une nouvelle ère dans laquelle le style des humoristes est plus défini… comme si on séparait la crème glacée napolitaine en trois couleurs et que chaque humoriste avait sa propre couleur!» Grand consommateur d’humour américain, Louis T dit justement admirer la façon de faire de nos voisins du sud en la matière : «Le marché est tellement gros que ça leur permet d’aller vraiment se spécialiser dans leur style.»

De l’avis du jeune homme, d’ailleurs, le fait d’être nombreux à recevoir un diplôme de l’École nationale de l’humour ne constitue pas une menace à cette diversité des genres : «L’école a laissé sortir des styles vraiment différents, mais les gens achètent souvent des billets pour le même genre de spectacles, souligne-t-il. Le marché formate beaucoup plus que l’école», croit-il. Il n’en tient donc qu’à nous!


Capsule web: en tête-à-tête avec…

Sur le site web de Zoofest, on peut trouver des mini-entrevues que Louis T a réalisées avec des gens aux personnalités pour le moins controversées, surtout par les temps qui courent : Éric Duhaime, Stéphane Gendron… Celles-ci seraient-elles un prélude à une éventuelle émission de télé mettant en vedette l’humoriste?

«On a des projets sur la table qui sont très intéressants, révèle-t-il. Pour moi, les entrevues que j’ai faites pour le web, c’était comme une petite école pour m’exercer, et je me sens déjà plus ferré. C’est quelque chose qui m’intéresse; j’aime la dynamique de ce genre d’entretiens. Même si j’ai interviewé des gens qui ne sont pas nécessairement sympathiques aux yeux de tout le monde, je me suis gardé une réserve. Les gens ont participé de bonne foi, ils ont été généreux de leur temps et je voulais les respecter. C’était fait avec quelques petites pointes, mais toujours avec le sourire.»

60 minutes avec… Louis T

Au Monument-National
Mardi et mercredi à 20 h 30

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