Getty Andy Serkis

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’acteur Andy Serkis et le personnage pour lequel il surtout connu, Gollum, ont quelque chose en commun. Les deux possèdent des yeux bleus perçants qui déconcertent ceux sur lesquels leurs regards se posent. Dans la nouvelle trilogie de Peter Jackson, The Hobbit, Serkis plonge à nouveau dans l’univers de J.R.R. Tolkien et reprend son rôle fétiche. Le charmant acteur discute avec Métro du jeu par capture de mouvements, dont il est le maître incontesté.

Après avoir joué Gollum dans six films, vous devez avoir adopté une routine autour de ce personnage?
Je dois faire des étirements tous les jours désormais parce que les derniers rôles que j’ai joués ont été très exigeants physiquement. Mon dos est très sollicité quand je fais Gollum. Le bas du dos, particulièrement, parce que le personnage est presque toujours accroupi. Après les deux premiers Seigneurs des anneaux, j’ai fait King Kong où je devais, à l’opposé, m’étirer et briser l’arche de mos dos. Ç’a probablement été une bonne chose pour moi de jouer ce rôle après Gollum! Aujourd’hui, je fais du yoga et, quand j’ai un rôle du genre à jouer, je travaille avec un thérapeute musculaire.

Dans The Hobbit, Gollum a une scène avec Bilbo Baggins (Martin Freeman), sans doute l’une des plus marquante de Tolkien. Aviez-vous répété cette scène importante dans votre tête avant même le tournage du premier épisode du Seigneur des anneaux?
Oui. C’est à ce moment que l’anneau se perd et que nait la soif de vengeance de Gollum. Son désir de tuer Baggins et de retrouver l’anneau est le moteur de toute la trilogie des Anneaux. C’est la source de tout.

Vous avez joué plusieurs personnages par capture de mouvements dans les dernières années. Êtes-vous plus confortable dans ce genre rôle que dans des rôles plus conventionnels, devant une caméra?
Pour moi, c’est la même chose. La seule différence, c’est la technologie utilisée. Le jeu par capture de mouvements est simplement une autre façon de présenter une performance d’acteur. C’est ça que les gens ont du mal à saisir : que la capture de mouvements n’est qu’une façon d’acter. Jouer Gollum ou jouer Ian Dury [le musicien qu’il personnifie dans Sex & Drugs & Rock and Roll], c’est du pareil au même. Dans les deux cas, on cherche l’essence du personnage et on se glisse dans sa peau. Ça ne change pas, que vous portiez un costume et du maquillage ou que vous portiez des capteurs de mouvements sur le corps.

Mais vous êtes tout de même un pionnier de ce type de jeu. Ça vous dérange d’être d’abord connu comme un acteur de capture de mouvements?
J’aimerais d’abord qu’on comprenne que c’est un travail d’acteur à part entière. Après, on pourrait arrêter d’en faire tout un plat. C’est une arme à double tranchant je crois. C’est génial d’avoir été un pionnier de cette technologie et de pouvoir dire à mes confrères qu’il n’y a plus de limites de sexe, de grandeur ou de quoi que ce soit dans les rôles qu’on peut jouer. Tout ce qui compte, c’est l’imagination et le désir de communier avec un personnage. Il faut bien sûr accepter que votre visage n’apparaisse pas à l’écran. Il ne faut pas être trop vaniteux! C’est parfait pour un acteur amoureux des personnages comme moi. Si vous ne pensez qu’à vous voir à l’écran, ça ne fonctionnera pas.

C’est très intéressant de voir la réaction dans la communauté d’acteurs. Les jeunes n’ont généralement pas de problème avec cette technologie. On m’a donné comme mandat d’expliquer ce qu’est la capture de mouvements. Je suis devenu une sorte de porte-parole!

Vous avez été réalisateur de seconde équipe pour The Hobbit. Ça vous a préparé pour Animal Farm, où vous réaliserez pour la première fois?
Tout à fait. Peter [Jackson] est un réalisateur très généreux. Nous avons collaboré sur plusieurs projets au cours des 12 dernières années. Il a toujours su que je voulais réaliser un jour. Je voulais commencer par réaliser un film indépendant, emprunter la route que tout acteur qui veut devenir réalisateur emprunte. Mais je me suis plutôt retrouvé sur le plateau de Hobbit, la plus grande production de la planète, sur la seconde équipe, avec beaucoup de responsabilités et beaucoup de gens à gérer pendant 200 jours. C’était une excellente école!

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