collaboration spéciale Ilam

Nouveau venu sur la scène musicale «world», le chanteur et guitariste Ilam se voit comme un nomade touareg et trace son destin comme d’autres écrivent un roman.

C’est en se baladant sur l’avenue du Mont-Royal pendant la braderie que l’auteur de ces lignes a soudainement détecté une voix et une guitare qui se détachaient de la rumeur de la foule.

À peine le temps de chercher d’où venait cet air mélodieux et habité que nous apercevons l’humoriste Michel Mpambara en train de faire de grands gestes sémaphoriques en s’approchant: «Viens écouter ça, tu vas triper. C’est un Sénégalais. Il chante en wolof, en peuhl et en français, pis il est capotant!» s’enthousiasmait l’humoriste avec raison.

Quelques jours plus tard, voici le jeune musicien de 25 ans attablé devant nous dans un café du Mile-End avec son foulard de touareg noué autour du cou et sa tête propre à figurer sur la une d’un magazine de mode, prêt à conquérir le monde.

Le prix Coup de cœur du public, qui lui a été attribué lors de la Vitrine des musiques métissées en octobre 2014, ainsi que le trophée que lui a décerné l’équipe Spectra lui ont déjà servi de tremplin. Pourtant, il sait que cet entretien autant que les deux spectacles qu’il s’apprête à livrer aux Francos pourraient avoir une influence décisive sur la suite de sa carrière: «Je ne pensais jamais venir ici, mais le hasard a fait que j’ai rencontré une femme merveilleuse qui m’y a amené. Depuis, j’aime cette ville qui m’a déjà beaucoup donné. Aux Francos, il y aura beaucoup de monde, mais ça ne m’inquiète pas. De toute façon, quand je ressens un stress, il se transforme en motivation. J’espère bien sûr qu’il y aura des gens du milieu et des dépisteurs de talents dans le public de spectacles, mais, quoi qu’il en soit, il y aura des gens qui viendront pour découvrir ma musique. Je veux qu’ils aiment ce que je fais. Je vais leur donner le meilleur de moi-même et même plus», explique l’artiste, qui a rencontré la plupart de ses musiciens en octobre 2014 avant de recevoir une bourse du Conseil des arts de Montréal. Une somme qui lui a permis de faire un premier démo, sur lequel on retrouve six titres qui parlent de sa culture d’origine, de la peur de l’inconnu, de la femme africaine, du concept de bienvenue, de paix, d’amour et de justice.

«Dans le milieu très religieux d’où je viens, il n’y a pas de musicien. Je suis le seul de ma famille. Ma mère m’a acheté ma première guitare pour mes 20 ans. Côté style musical, j’ai été influencé par le blues africain, le reggae et le hip-hop.» – Ilam

«Je me vois comme un Touareg, même si je ne le suis pas de naissance. Je parle peuhl, et je suis un nomade qui voyage avec sa culture», explique Ilam, qui a commencé à composer à l’âge de 11 ans au Sénégal, avant de faire le conservatoire en art lyrique.

Il sera accompagné d’Assane Seck à la guitare, de Papa Saliou Tall à la basse et de Thomas Sauvé-Lafrance à la batterie. Si vous observez bien la foule, vous y verrez peut-être un humoriste et un journaliste en train de faire de grands signes avec les bras.

Ilam
Sur la scène Hydro-Québec
Vendredi soir à 18h et à 20h

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