Après maintenant 26 ans de carrière, l’histoire d’Anonymus est celle d’une détermination qui n’a jamais fléchi. Les légendes de la scène métal québécoise font paraître vendredi Envers et contre tous, un septième album porté par une énergie brute et qui témoigne d’une féroce envie de durer. À quelques jours de leur passage à Heavy Montréal, Métro a rencontré deux des membres fondateurs du groupe.

En présence d’Anonymus, on oublie facilement que l’increvable bête de la scène métal québécoise a plus de 1500 spectacles à son actif.

Oscar Souto et Carlos Araya, respectivement chanteur et batteur, lancent vendredi le septième album du groupe au festival Heavy Montréal. «C’est énervant. La veille, je ne dormirai pas de la nuit, c’est sûr», assure Oscar avec fébrilité.

Cet enthousiasme sincère, plutôt rare chez des gars qui comptent 26 ans d’expérience, contraste avec le propos sérieux, voire grave, de leur plus récent album.

Le bien nommé Envers et contre tous évoque de plusieurs façons le parcours ardu de la formation. «Le métal va toujours avoir des bâtons dans les roues, explique Carlos. C’est un genre marginal, qui n’a pas beaucoup de visibilité médiatique, et en plus, on chante en français. C’est difficile.» Néanmoins, le vétéran parle de ces embûches sans aucune amertume. «Ça ne nous a jamais empêchés de faire ce qu’on voulait!» tranche-t-il.

La chanson titre du nouvel album résume en quelques mots l’état d’esprit qui a fait la longévité d’Anonymus. «Non par obstination/Mais par pure conviction/Je ne dévierai pas de mes choix/Envers et contre tous».

De l’aveu des deux musiciens, entre la job à 40 heures/semaine, les obligations familiales et les épuisants séjours sur la route, la carrière musicale met le caractère à rude épreuve. Ont-ils déjà songé à tout abandonner? «Jamais», répondent-ils d’une seule voix, sur un ton assuré qui exclut toute forme de doute.

«Ça ne nous a jamais traversé l’esprit d’arrêter, déclare Oscar. Même le départ de Marco, l’épreuve la plus difficile qu’on a eu à surmonter, nous a donné la hargne de continuer et de ne jamais lâcher.»

Ce même Marco Calliari – qui a quitté le groupe en 2006 pour poursuivre une carrière solo après 17 ans dans Anonymus – revient le temps d’une chanson sur le nouvel album. La très solennelle Nous sommes, sorte d’hymne dédié à l’histoire du band, a été écrite l’an dernier à l’occasion du 25e anniversaire du groupe. La nécessité d’avoir Marco et sa voix d’opéra sur l’enregistrement s’est imposée d’elle-même.

«C’était normal qu’il soit là. Marco a été avec nous pendant 17 ans. C’est beaucoup grâce à lui si on s’est rendus ici, affirme Oscar. On ne savait pas à quoi s’attendre, mais quand j’ai écouté la toune, j’ai eu des frissons.»

«Les gens viennent te voir pour dire: “Le premier show de métal que j’ai vu, c’était Anonymus”, ou “Anonymus a été ma plus grosse influence quand j’ai parti un band de métal”… Des fois tu t’assois et tu te dis: “Ouin, c’est pas rien ce qu’on a fait.”» – Oscar Souto, Anonymus

Forcément, la nostalgie revient sur la table à plusieurs reprises quand il est question d’Anonymus. Ses albums Ni vu ni connu (1994) et Stress (1997) demeurent des œuvres de référence sur la scène métal au Québec, et sa période la plus faste, au tournant des années 2000, correspond aussi à l’époque de gloire des Groovy Aardvark, Grimskunk et autres groupes phares de la scène locale.

Mais le poids du passé n’a pas empêché le groupe d’actualiser sa musique avec les années, sans rien sacrifier aux modes passagères. De fait, Envers et contre tous, réalisé par le guitariste Jef Fortin, intègre certains aspects techniques et mélodiques très actuels, qui ne dénaturent en rien le son trash qui a fait connaître Anonymus. «Dans le fond, il faut rester intègre. Si tu décides d’embarquer dans une vague, t’es déjà en retard, explique Carlos. On est allés chercher des éléments de fraîcheur, mais en gardant notre essence.»

Signe que le groupe ne perd pas de vue ses racines, ce nouvel opus se décline entièrement en français, langue quelque peu délaissée au profit de l’anglais par le passé. «On s’est dit “Qui écoute Anonymus?” Ce sont les francophones, et les chansons en français sont celles qui marchent le plus, explique Oscar. C’est une manière de dire merci aux fans.»

Et pour plaire aux adeptes de la première heure comme ceux de la nouvelle génération qui découvre le groupe, la recette est la même: une irrépressible envie de tout donner en spectacle. «Ce que les gens sentent en premier, c’est l’énergie, dit Carlos. Tant qu’on pourra monter sur scène et donner le meilleur de nous-mêmes, les gens vont accrocher.»

À confirmer ce week-end dans le pit.

Anonymus à Heavy Montréal
Vendredi à 14h15
Sur la scène Molson Canadian
Au parc Jean-Drapeau

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