K-Films Amérique Marie Brassard et Francis La Haye dans Le cœur de madame Sabali, de Ryan McKenna

Œuvre singulière s’il en est une, Le cœur de madame Sabali, de Ryan McKenna, permet à Marie Brassard et à Francis La Haye de s’éclater.

«Le but était de faire quelque chose d’original», avoue en entrevue le réalisateur manitobain Ryan McKenna, qui est domicilié à Montréal depuis quelques années. On ne peut pas nier que c’est réussi, en voyant cette comédie iconoclaste et surréelle sur les péripéties d’une femme malheureuse qui reçoit une seconde chance en se faisant greffer le cœur d’une jeune Malienne assassinée sauvagement.

À mi-chemin entre les visions de Guy Maddin, de Stéphane Lafleur et d’un certain cinéma scandinave, l’ovni nous en met plein la vue avec sa direction artistique colorée à la Wes Anderson et plein les oreilles avec son mélange de synthétiseurs dignes d’Howard Shore et de mélodies du populaire duo Amadou et Mariam, qui apparaît même à l’écran.

«On ne sait pas ce qu’on regarde à la fin. Moi-même, comme spectateur, il y a des choses que je n’arrive pas à comprendre. Mais j’aime l’effet que ça fait. Je trouve que des fois, on ne se donne pas assez la liberté de “flyer”. On a peu d’occasions d’être déstabilisé.» – Francis La Haye

Une façon de créer de nombreux contrastes et digressions au sein de ce projet décalé et absurde qui change constamment de ton et de registre afin de propulser les éléments comiques des situations. D’où l’importance d’avoir des acteurs sérieux. «Ils ne jouent pas l’humour de la scène, assure le cinéaste, qui en est à son deuxième long métrage après The First Winter. C’est vraiment la musique et les couleurs qui font ressortir l’humour du film.»

Derrière ce sentiment de légèreté se cache pourtant une réflexion sur les liens qui peuvent se créer entre les gens. Entre notre héroïne et le fils de la femme qui lui a légué son cœur, et au sein de cette histoire d’amour naissante et interdite avec un collègue de travail. «Je voulais surtout me questionner sur ce qu’est une famille, admet le scénariste. C’est quoi, un fils? C’est quoi, un frère? C’est quoi, la connexion?»

«Je voulais que les émotions soient de vraies émotions, que ce soit un vrai drame humain, mais que le monde soit ridicule et bizarre», conclut Ryan McKenna, encore estomaqué que son film ait remporté le Grand Prix Focus au dernier Festival du nouveau cinéma.

«Je voulais que les émotions soient de vraies émotions, que ce soit un vrai drame humain, mais que tout le monde soit ridicule et bizarre.» – Ryan McKenna, réalisateur du Cœur de madame Sabali

Le plaisir de la marge
S’il y a un projet qui sort de l’ordinaire, c’est pratiquement certain que Marie Brassard en fera partie. Pensons à La loi du cochon, Cadavres, Babine, Ésimésac, Vic et Flo ont vu un ours, Série Noire II et maintenant Le cœur de madame Sabali, qui a été écrit spécialement pour elle.

«C’est vrai que j’ai reçu des propositions étranges, acquiesce l’actrice en pouffant de rire. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que je suis un peu excentrique, que j’aime les choses bizarres et que je possède un sens de l’humour particulier.»


Le cœur de madame Sabali
En salle dès vendredi

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