Amine Esseghir/TC Media Pierre Gingras dirige le CJE Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville depuis sa création. Il a vu au long de sa carrière un marché de l'emploi en mutation pas toujours adapté aux jeunes exclus dont il s'occupe.

Le carrefour jeunesse emploi (CJE) d’Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville, qui a célébré ses 20 ans d’existence le 17 octobre, a permis plus de 9100 jeunes exclus du monde du travail ou de l’école de se trouver une vocation professionnelle.

Pierre Gingras, le directeur de l’organisme depuis sa création était très fier de son bilan. «Nous avons pu accompagner 9186 jeunes exclus de l’école et de la formation professionnelle dans leur cheminement d’adultes», souligne-t-il. Entre 2015 et 2016, 408 jeunes ont franchi la porte des bureaux sur la rue Lajeunesse pour un suivi particulier.

Le CJE n’est pas une agence de placement. C’est un organisme qui s’adresse à ceux qui n’ont plus aucun recours pour se trouver une occupation qui leur permet de gagner leur vie et risquent de se retrouver au mieux sur l’aide sociale ou au pire, de sombrer dans le désœuvrement et la délinquance.

Depuis 20 ans, M. Gingras observe que le marché de l’emploi évolue même pour ces jeunes. «On essaye de s’adapter en permanence et mieux nous essayons de nous projeter vers l’avenir», relève-t-il.

Il y a quelques mois, le CJE a tenté de faire la jonction avec des entités comme ville en vert pour favoriser la création de plateaux de travail dans le domaine aussi avant-gardiste que l’agriculture urbaine ou l’aménagement paysager.

Il agit également pour offrir des perspectives citoyennes et des engagements en société à des jeunes qui probablement n’y auraient jamais pensé. «Nous avons organisé un cinq à sept avant l’été en présence de représentants d’organisme qui recrutaient des gens pour leurs Conseils d’administration», souligne-t-il

Il était très fier, à l’occasion de la célébration des 20 ans du CJE, de présenter trois jeunes qui ont bénéficié des services du CJE qui sont devenus membres de son CA.

Crédibilité
Au-delà des chiffres, le principal élément de satisfaction de M. Gingras est la réputation gagnée auprès des gens qui ont besoin du CJE. «Aujourd’hui quand un jeune vient nous voir, c’est parce qu’il a été référé par des voisins ou des amis», note le patron du CJE. Pour lui c’est une preuve de crédibilité et d’efficacité.

«Nous ne travaillons pas avec des recettes prêtes ou des processus standards, relève-t-il. Chaque jeune présente une situation particulière et nous le recevons sur rendez-vous pour une prise en charge personnalisée.»

Les CJE ont été créés en 1996 dans un contexte de crise économique. «Il fallait trouver des emplois à des jeunes exclus alors qu’il n’y avait de jobs pour personne», se souvient-il.

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