Marie-Pier Gagné / TC Media Le refuge Hochelaga-Maisonneuve accueille des hommes en situation d’itinérance, depuis le 15 décembre dernier.

Le premier refuge pour hommes itinérants de Hochelaga-Maisonneuve a accueilli ses premiers clients le 15 décembre, juste à temps pour les grands froids. Un cadeau attendu, avoue la direction.

Le Carrefour d’alimentation et de partage (CAP) Saint-Barnabé, qui a pris le refuge sous son aile, attendait depuis plusieurs mois la subvention du gouvernement fédéral qui lui permettrait de rouvrir les portes de l’endroit.

C’est que le CAP avait, en 2014, mis en place un refuge, sous forme de projet-pilote. Cependant, les subventions gouvernementales ont été coupées après un an. Incapable de subvenir de façon autonome aux besoins du refuge, le CAP avait dû se résigner à mettre la clé sous la porte.

«Nous avons enfin signé avec le gouvernement pour l’octroi de nouvelles subventions dans le cadre du programme de Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance, explique Paul Atangana, directeur du CAP Saint-Barnabé. Nous pouvons donc compter sur leur appui jusqu’en mars 2018. On est très contents, cela tombe juste à temps pour les grands froids. C’est un beau cadeau de Noël.»

Motivé à ce que le refuge reste cette fois ouvert pour de bon, le CAP souhaite mettre en place des activités de financement, au cas où la subvention ne serait pas reconduite en 2018. Des activités seront faites tout au long de la prochaine année, dans l’espoir d’amasser la centaine de milliers de dollars nécessaire à la bonne marche du répit, en cas de besoin.

16 lits pour dormir
Venant déjà en aide à plus d’une centaine de personnes quotidiennement en leur offrant deux repas par jour, le CAP offre maintenant un endroit propre et sécuritaire comptant 16 lits, afin que des hommes en situation d’itinérance puissent y passer la nuit.

«Quand les gens viennent s’inscrire, on leur donne des vêtements propres, fait leur lessive et leur attribue un lit, mentionne Frédéric Arene, intervenant au refuge. Par la suite, ils peuvent prendre une douche et profiter du confort d’un lit pour une nuit.»

Comme le refuge est situé à même le bâtiment qui abrite le CAP, les bénéficiaires ont accès aux services de l’organisme, soit un programme d’accompagnement et de soutien, ainsi qu’à une banque de dépannage alimentaire. Quatre intervenants se rallieront pour assurer la bonne conduite des utilisateurs et leur venir en aide, en cas de besoin.

«On ne refuse personne, souligne M. Arene. On n’a 16 lits, mais si on reçoit plus d’inscriptions, on a des grandes salles dans lesquelles on peut accueillir des gens. Le but, c’est de faire une différence dans le quartier et d’ignorer personne dans le besoin.»

Idéalement, le CAP aimerait que chaque utilisateur se rende au refuge au maximum une fois par semaine, pour laisser la chance à tous d’utiliser les services.

«Cependant, on sait qu’en période de grands froids, ce n’est pas toujours possible. On va essayer d’accommoder tout le monde, au meilleur de nos capacités», continue M. Atangana.

Un réel besoin
Selon la direction, le centre-ville de Montréal connaît une migration de ses itinérants vers les quartiers situés plus à l’est de la métropole, notamment en raison des nombreuses reconfigurations liées aux festivités du 375e anniversaire de la ville et à l’augmentation de contraventions données aux itinérants.

«Les sans-abri du quartier ne veulent pas marcher jusqu’aux autres refuges du centre-ville sans savoir s’ils auront une place, surtout l’hiver, ce qui accroît leur présence dans les parcs avoisinants», rapporte le directeur.

Pour viser une clientèle plus large que les autres refuges du genre à Montréal, le refuge Hochelaga-Maisonneuve acceptera les usagers tel que soit leur état, même sous l’effet de l’alcool ou de la drogue.
«Un abri d’urgence doit secourir les gens en détresse, c’est tout», conclut M. Atangana.

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