Archives / TC Media Un mouvement de solidarité extraordinaire s'est emparé de la communauté de L'île-des-Sœurs pour venir en aide à une famille de réfugiés.

Des Insulaires s’interrogent sur le sort des Sharafani dont ils sont sans nouvelle depuis un mois. Un mouvement de solidarité avait soulevé la communauté de L’Île-des-Sœurs au début de l’hiver à l’arrivée de cette famille de réfugiés kurdes.

Le vendredi 2 décembre, une des partenaires du mouvement Women In Mind, Lydia Alder, attendait la visite du couple et de leurs deux enfants de 7 et 8 ans qu’elle avait pris sous son aile. C’était une journée pédagogique et elle les avait conviés à partager un chocolat chaud ou un café pour socialiser un peu plus.

Ils ne se sont jamais présentés. «La veille, ils m’avaient dit qu’ils avaient un rendez-vous à l’immigration», se souvient Mme Alder.

Elle a aussitôt fait appel aux intervenants qui avaient aidé les Sharafani pour tenter de les localiser, dont Hélène Saint-Jacques, la présidente de la Société Saint-Vincent de Paul de Verdun. Elles ont sondé l’école ainsi que le YMCA où avait séjourné la famille à son arrivée au Québec, en septembre.

C’est finalement Dora Douik du Centre d’aide aux réfugiés, qui a réussi à obtenir des bribes d’informations.

«On a appris qu’ils avaient été envoyés en Belgique. Ils se sont présentés à l’école au beau milieu de la journée du jeudi pour récupérer leurs enfants et ils n’ont eu que quatre heures pour quitter leur appartement, sans prendre le temps de le vider», explique Lydia Alder.

Elle est néanmoins persuadée que les Sharafani ne souhaitaient pas quitter le Québec. «Ils avaient payé deux mois de loyer alors qu’ils ne sont pas restés deux semaines à L’Île-des-Sœurs», soupire-t-elle.

Questions en suspens

«On ne comprend pas pourquoi ils ont dû partir, juste au moment où ils étaient enfin installés, mieux intégrés», se désole Mme Saint-Jacques.

L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) n’est pas autorisée à donner des informations jugées confidentielles. On ignore donc les raisons de leur déportation.

La Saint-Vincent de Paul a pu récupérer et redistribuer les meubles laissés derrière par les Sharafani. «Tout a trouvé preneur rapidement, d’autant plus que c’était avant les fêtes», soutient Mme Saint-Jacques.

Une vive déception anime toutefois ceux qui ont aidé la famille de réfugiés. «Les enfants étaient intégrés, épanouis, ils avaient plein d’amis à l’école. Là, ils doivent repartir à zéro dans un autre pays», s’indigne Lydia Alder.

Mobilisation sans précédent

Vers la fin novembre, la directrice de l’école primaire des Marguerite, Francine Goyette, a interpelé Mme Alder. «Elle m’a dit qu’une famille de réfugiés était arrivée à L’Île-des-Sœurs peu après la première neige. Leurs deux enfants n’avaient ni bottes ni vêtements chauds», précise la mère de deux filles qui fréquentent l’établissement.

La blogueuse pour Women In Mind a aussitôt lancé un appel sur les réseaux sociaux. «Instantanément, la réponse des femmes la communauté a été incroyable. La petite fille avait reçu tellement de manteaux qu’on disait à la blague qu’elle aurait pu ouvrir un magasin», raconte-t-elle.

Avec des dons en argent grâce à un partenariat entre la Société Saint-Vincent de Paul et la Caisse Desjardins, la famille a pu faire une première épicerie. «Ils n’en revenaient pas de toute cette générosité», relate Hélène Saint-Jacques.

Aujourd’hui, les intervenantes n’ont qu’un souhait: qu’une autre famille de réfugiés puisse, un jour, bénéficier de la générosité incomparable des citoyens de L’Île-des-Sœurs.

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