Catherine Bouchard/TC Media Michael Seth Wexler , coordonnateur de projet à Copenhagenize Design Montréal.

L’entreprise de conseil en urbanisme cycliste, Copenhagenize Design co, vient d’ouvrir son bureau nord-américain sur le Plateau-Mont-Royal. Ces experts en développement de pistes cyclables espèrent inciter la Ville de Montréal à investir massivement dans ses infrastructures cyclistes.

Situé au 12ème étage du 5333 avenue Casgrain, dans le Mile End, le petit espace abrite la nouvelle branche de ce fleuron du design urbanistique cyclable européen. Le coordonnateur du bureau montréalais, Michael Seth, est originaire de la métropole. Lorsqu’il a proposé à son patron d’ouvrir le bureau satellite nord-américain de l’entreprise à Montréal, ce dernier a tout de suite accepté.

«Nous avons la plus forte culture cycliste en Amérique du Nord à Montréal et au Québec en général. Ça fait plus longtemps qu’ailleurs qu’on fait des pistes cyclables sécurisées, mais on a pris du retard. Peu de changements ont été faits à Montréal sur la question dans les cinq dernières années», remarque l’urbaniste et gestionnaire de projet pour le bureau de Montréal, Michael Seth Wexler.

L’entreprise s’inspire de ce qui se fait à Copenhague pour développer des stratégies et réseaux cyclables dans des municipalités partout dans le monde, mais surtout sur le continent européen, jusqu’ici.

«L’idée, c’est de s’inspirer des bonnes pratiques de la capitale du Danemark pour pouvoir donner les meilleures recommandations aux villes. Par exemple, les pistes bidirectionnelles, ça ne marche pas. Elles sont rapidement saturées. À Montréal, le réseau n’est pas relié. Ça aussi, c’est un frein à la pratique cycliste», croit M. Wexler.

Pour l’instant, le bureau satellite nord-américain travaille surtout sur des projets aux États-Unis.

«La piste Rosemont est inspirée de la visite Marc-André Gadoury à Copenhague. Ce sera un projet modèle, mais ce n’est pas de cela qu’on vit. La Ville de Détroit nous a confié le mandat de faire un réseau de pistes en site propre pour couvrir tout son centre-ville. On a aussi deux contrats avec Long Beach en Californie», explique l’urbaniste.

L’entreprise en design et urbanisme cycliste étudie également les intersections accidentogènes pour les cyclistes et propose des solutions.

«On vient d’étudier le coin Berri et Cherrier, ainsi que Saint-Urbain et Maisonneuve, et ce qu’on constate, c’est que les pistes bidirectionnelles ne fonctionnent pas. Elles sont saturées. Il faut les séparer pour les rendre plus agréables et donner envie aux futurs cyclistes d’y rouler tranquillement», continue M. Wexler.

Alors que la part modale du cyclisme est de 10% dans le Plateau-Mont-Royal, selon le dernier rapport de Vélo Québec, celle de Montréal est de 3%. Copenhagenize croit qu’en augmentant ce ratio, cela permettrait de diminuer la congestion routière.

«Avec tous les travaux en cours avec l’échangeur Turcot et les chantiers du 375ème, ce serait une occasion parfaite pour proposer des alternatives aux Montréalais, avec un réseau cyclable. Au Danemark, quand on demande aux automobilistes s’ils veulent des pistes cyclables, ils sont largement en faveur, car ils savent que ça diminue le trafic et leur permet donc d’aller plus rapidement où ils veulent en voiture», conclut-il.

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