Charlotte Lopez Sevan Rico, propriétaire du Café Rico depuis 18 ans.

Avec un objectif d’atteindre le 100% zéro déchet le plus tôt possible, le Café Rico, pionnier du commerce équitable au Québec, sensibilise et tente d’impliquer la population du Plateau Mont-Royal à cette cause.

Ouvert depuis 18 ans en plein cœur du quartier, Café Rico a commencé le zéro déchet en 2007. Sevan Rico, le propriétaire, avoue n’être qu’à 75% de son objectif dix ans après.

Car devenir un commerce 100% zéro déchet ne se fait pas en un tour de main. «Le plus gros défi est de trouver une solution à la conservation du lait, des crèmes et crèmettes, confie M. Rico. On ne peut pas garder du lait n’importe comment, dans des vases ou des thermos car l’inspection de l’hygiène ne l’accepte pas.»

Le propriétaire explique donc qu’il lui manque un 25% pour enfin connaître un zéro déchet total. «On veut respecter notre ambition du 100% zéro déchet, donc quand une personne vient avec son contenant, on le rempli, explique-t-il.
Nos gobelets sont d’ailleurs réutilisables et compostables, tout comme nos sacs et nos emballages de café.»

Contre tout emballage, Sevan Rico essaye le plus possible de choisir des produits qui ont le moins d’impact au niveau déchets, de baisser sa quantité de déchets produits, comme en proposant notamment des noix en vrac.

Aussi, le marc de café est utilisé par la ferme biodynamique Cadet Roussel afin de faire la culture de champignons. Rien ne se jette tout se transforme au Café Rico.

Vous l’aurez compris, l’environnement est au cœur des préoccupations de ce commerce équitable, qui travaille de près avec trois continents, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique centrale pour avoir la meilleure qualité de café bio possible. «On fait du commerce équitable pour contrer les injustices sociales, payer les producteurs un bon prix, comprendre et partager les différentes cultures ; c’est seulement du bon sens», souligne M. Rico.

Pour lui, le concept de zéro déchet s’inscrit dans la continuité du commerce équitable. «Mais ça ne sert à rien d’avoir une idée seul et que personne ne l’applique ailleurs, ajoute-t-il. J’espère que d’autres commerces vont emboîter le pas à leur tour.»

Conscient de la bonne volonté des résidents du Plateau Mont-Royal, M. Rico avoue qu’il y a tout de même encore du travail à faire au niveau des mentalités en ce qui attrait au zéro déchet. «Tout le monde n’est pas alerte dans ce quartier, encore beaucoup de personnes me demandent des sacs et ne comprennent pas que je n’en ai pas, lance-t-il. Le client est encore réticent ici, contrairement au quartier de Rosemont par exemple.»

En effet, pour lui Rosemont est plus alerte que le Plateau Mont-Royal. «Le Plateau, qu’on a construit pour être le plus vert possible, a bougé a cause des taux de location, mentionne le propriétaire du Café Rico. L’accès à la propriété est devenue difficile donc les habitants ont migré vers Rosemont, Ahuntsic, ou encore le Mile-end, maintenant on trouve l’incorporation de ses habitudes-Là dans ces quartiers.»

Aujourd’hui, Sevan Rico affirme devoir retravailler avec de nouveaux arrivants, particulièrement «la grande clientèle française» qui n’a pas forcément la mentalité zéro déchet. «Il y a de la bonne volonté mais il faut éduquer les gens, ça fait parti du capital social, c’est un investissement social.»

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