Romain Schué/TC Media L'hôpital Marie-Clarac accueille la plus importante unité des soins palliatifs du Québec.

L’hôpital Marie-Clarac, situé à Montréal-Nord, accueille le plus important centre de soins palliatifs du Québec. Créée en 2014 et agrandi en mai dernier, cette unité a ouvert ses portes à TC Media.

«J’ai réalisé un rêve», sourit Sœur Pierre-Anne Mandato, directrice général de l’hôpital Marie-Clarac, qui vient récemment de fêter son 50e anniversaire.

«Nous sommes un établissement de réhabilitation, on tente de remettre sur pied nos patients, mais avant, lorsque certains étaient en fin de vie, on devait les envoyer ailleurs. Ça faisait mal au cœur», reprend-elle.

Après l’ouverture d’un premier étage composé de 18 lits en novembre 2014, l’hôpital privé nord-montréalais a doublé son accueil en mai dernier, avec l’obtention de 18 lits supplémentaires dans l’étage inférieur, permettant ainsi à l’Oasis de Paix, nom de cette structure, de devenir le plus important centre de soins palliatifs du Québec. Un projet qui aura coûté 37M$.

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6 médecins disponibles 6 jours/7
Pour entourer les patients réunis sur deux étages, six médecins sont présents du lundi au samedi. Le dimanche, un médecin reste disponible par téléphone et en cas d’urgence, peut être amené à se déplacer. Ces derniers sont assistés durant la journée (7h30-15h30), sur chaque étage, par deux infirmières «qui évaluent les douleurs et déterminent le traitement, en accord avec les médecins», décrit Lucie Robert, infirmière chef de l’unité. Deux infirmières auxiliaires et deux autres préposées aux bénéficiaires sont également présentes. Ces équipes se réduisent ensuite le soir (15h30-23h30), et durant la nuit. L’Oasis de Paix accueille aussi un pharmacien, un psychologue, un travailleur social, un nutritionniste et un agent spirituel. Un massothérapeute prodigue également des soins deux fois par semaine.

Des soins gratuits
Les patients admis dans cette unité ne paye aucun frais de santé. L’hébergement, la nourriture, le lavage des effets personnels et l’accès à la télévision sont également gratuits grâce à la participation du gouvernement de Québec. L’hôpital, qui fait face à une demande importante, a néanmoins mis en place des critères d’admissions. Le pronostic vital, réalisé hors de l’établissement, les notes médicales et les radios sont notamment examinés avant l’entrée.

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Une lanterne pour informer
Au sein de l’Oasis de Paix, 30 lits, dans des chambres individuelles, sont réservés aux patients dont le pronostic vital est de moins de 3 mois. Six autres lits, placés dans des chambres doubles, sont occupés par des patients dont l’espérance de vie est estimée entre 3 et 6 mois. Dès qu’un décès est constaté, les employés informent l’unité en allumant une bougie placée dans une lanterne, située dans le couloir des deux étages. Celle-ci s’éteint lorsque le corps du défunt quitte l’hôpital.

150 000$
Le coût annuel estimé d’un lit dans cette unité de soins palliatifs. Le gouvernement du Québec finance environ 115 000$, la différence est ensuite comblée par des dons et des activités organisées par la Fondation de l’hôpital.

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«J’aime donner un peu de couleur»
Assise à côté de «l’amour de ma vie», Francine, 66 ans, met une croix sur son petit calendrier afin de compter chaque journée passée à Marie-Clarac. «Je suis là depuis le 17 octobre, mais je me sens bien. Tout le monde est vraiment fin avec nous», sourit celle qui dort, chaque nuit, dans le divan-lit installé entre la fenêtre donnant sur le boulevard Gouin et le lit de celui qui partage son quotidien depuis 43 ans. Pour s’occuper, elle peint des villages de Noël préfabriqués, avant de les distribuer aux patients voisins. «J’aime donner un peu de couleur, ça fait énormément de bien.» Dans la chambre voisine, Sylvie veille sur sa mère et confectionne des papillons cartonnés. «C’est beau, non ?»

Aucune aide médicale à mourir administrée
Depuis sa mise en place il y a près d’un an, cette unité n’a pas été confrontée encore à l’aide médicale à mourir. «Certains patients l’ont souhaité en arrivant, mais ils ont ensuite changé d’avis», explique Lucie Robert. Mais si ce cas de figure devait arriver, cette aide médicale à mourir serait administrée par des médecins extérieurs à l’hôpital. Ceux de l’Oasis de Paix ont fait part de leur refus de la pratiquer.

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«Un lieu de vie»
«Un jour, j’ai entendu un patient dire: « Je ne veux pas mourir, je suis déjà au paradis »», assure Marie-Josée Chouinard, directrice générale de la Fondation de l’hôpital. Couleurs vives sur les murs, aquarium, cage à oiseaux, piano, salle familiale, cuisinette avec micro-ondes et grille-pain: «Ces étages, c’est un lieu de vie, précise Lucie Robert. Puisque c’est leur dernier endroit, nous voulons que les patients et leur famille se sentent chez eux.»

Un concert de Gregory Charles sera organisé le mercredi 7 décembre, à 20 h, au Centre Leonardo Da Vinci afin d’amasser des fonds destinés à contribuer au mieux-être des personnes en fin de vie de l’Oasis de Paix de l’hôpital Marie-Clarac.

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