Collaboration spéciale - Amanda Ghahremani Homa Hoodfar

Des professeurs et chercheurs de l’Université Concordia demandent à leur tour la libération immédiate de l’anthropologue Homa Hoodfar, détenue à la prison d’Evin, en Iran, depuis le 6 juin.

Les enseignants, au nombre de cinq, ont organisé une conférence de presse mercredi matin afin de lancer un appel à l’action pour que débloque le dossier de l’Outremontaise à l’international. La conférence suivait de quelques heures une manifestation pacifique organisée devant l’ambassade iranienne à Dublin, en Irlande, dont Mme Hoodfar possède également la nationalité.

«Des nouvelles de la détérioration de l’état de santé de Mme Hoodfar, détenue en isolement et à qui on refuse une consultation avec un médecin spécialiste, ne nous laissent d’autre choix que de manifester notre inquiétude et de dénoncer le plus possible la situation», soutient Kimberley Manning, directrice de l’Institut Simone-de-Beauvoir, de l’Université Concordia.

Alors que les autorités judiciaires iraniennes ont demandé à la communauté universitaire de conserver un profil bas dans les médias, le temps que la justice suive son cours, les enseignants ont quand même décidé d’aller de l’avant avec leur démarche.

Collaboration mondiale
Selon Mme Manning, la situation déplorable dans laquelle se trouve la professeure provoque une prise de conscience croissante à l’international.

«Je reçois de partout au pays des courriels d’amis et de collègues qui souhaitent savoir comment lui venir en aide. Nous voyons la manifestation dublinoise de ce matin comme la première d’une série d’actions d’envergure nationale et internationale qui auront lieu au cours des prochaines semaines.»

Au cours de l’été, plus de 5000 universitaires – notamment de grands intellectuels publics et des lauréats du prix Nobel, don Noam Chomsky et Orhan Pamuk – ont signé une pétition demandant la libération de l’Outremontaise.

Les collègues de l’anthropologue ont tenu à souligner sa résilience et son courage. «Homa Hoodfar est une chercheuse parmi les plus admirées et aimées à Concordia, indique Marc Lafrance, professeur d’anthropologie et de sociologie, la voix saisie par l’émotion. Depuis le 6 juin, nous ne pouvons dormir la nuit, grugés par l’anxiété et la tristesse. Mange-t-elle? Boit-elle? Quand a-t-elle vu le soleil pour la dernière fois?»

Mme Manning a indiqué que cette conférence de presse serait la première d’une série d’actions qui seront mises en place au cours des prochaines semaines afin d’augmenter la pression sur les différentes autorités impliquées dans le dossier.

«Les gouvernement Iranien, Canadien et Irlandais doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour régler la situation. C’est une question de vie ou de mort.»

En plus de Mme Manning et M. Lafrance, trois autres professeurs de l’Université étaient présents à la conférence de presse, soit Emer O’Toole, professeure à l’École d’études irlandaises, Françoise Naudillon, professeure en études françaises et Charles Draimin de la John Molson School of Business.

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