TC Media-Denis Germain Homa Hoddfar à son arrivée à l'aéroport de Montréal, accompagnée de son neveu.

Après quatre mois de détention en Iran, la professeure à la retraite d’Outremont, Homa Hoodfar, est rentrée chez elle jeudi matin à Montréal. Fatiguée, la femme a admis qu’elle n’avait pas l’intention de retourner dans le pays où elle était emprisonnée.

«Le plus difficile durant ma détention a été de ne pas être capable de communiquer avec mon avocat ou ma famille, ne pas savoir ce qui se passait», a confié d’emblée la Canadienne d’origine iranienne, qui était emprisonnée illégalement à la prison d’Evin depuis le 6 juin.

Homa Hoodfar a été accueillie à l’aéroport Montréal-Trudeau par quelques membres de sa famille, des amis et d’ex-collègues avec émotions et fébrilité.

«C’est formidable d’être à la maison et de retrouver ma famille et mes amis», a déclaré souriante l’ex-professeure de l’Université Concordia, accompagnée de sa nièce Amanda Ghahremani.

Cette dernière dit d’ailleurs avoir retrouvé sa tante amaigrie et plus fatiguée qu’à l’habitude, à Oman, lors de sa libération lundi, au Moyen-Orient. «Mais dans les derniers jours, j’ai vu un changement pour le mieux. Elle a pu avoir des moments pour relaxer», a-t-elle indiqué.

Mme Ghahremani a refusé que sa tante donne pour le moment d’autres détails sur sa détention en raison de sa fatigue, notamment.

Mme Hoodfar, a toutefois tenu à remercier le gouvernement canadien et tous ceux qui ont travaillé activement à sa libération.

Fébriles

Parmi la dizaine de personnes présente jeudi matin à l’aéroport pour accueillir Mme Hoodfar, des anciens collègues se sont dits apaisés par le retour au pays de l’ex-enseignante.

«C’est monumentalement soulageant de savoir qu’elle va relativement bien, que je vais avoir la chance de la voir et de la serrer dans mes bras», déclarait Marc Lafrance, professeur à l’Université Concordia, quelques minutes avant l’arrivée de son amie.

«C’est un moment qu’on attendait. C’est vraiment extraordinaire. On est ravi», a témoigné Theresa Bianco, professeure adjointe en psychologie.

Recherches dérangeantes

L’anthropologue de 66 ans avait initialement été arrêtée en Iran en mars alors qu’elle effectuait des recherches sur les femmes musulmanes et rendait visite à sa famille. Elle avait par la suite été libérée sous caution.

À peine trois mois plus tard, la femme a été arrêtée et emprisonnée par les autorités. Les raisons exactes de son emprisonnement ont toujours été nébuleuses, mais des accusations de collaboration avec des gouvernements étrangers contre la République islamique d’Iran et de propagande contre l’État ont été déposées contre elle.

Rappelons qu’un autre Canadien détenu à l’étranger a aussi été libéré il y a quelques semaines. Kevin Garrat a été emprisonné en Chine pendant deux ans pour des accusations d’espionnage. Selon Amnistie internationale, deux Canadiens sont détenus à l’étranger pour leurs opinions, soit Huseyin Celil en Chine et Bashir Mahktal en Éthiopie.

Pendant la détention de Homa Hoodfar, sa famille avait dit craindre le pire pour son état de santé puisqu’elle souffre d’une condition neurologique dégénérative qui nécessite la prise de médicaments.

L’agence de presse iranienne Fars News a rapporté que ministère iranien des Affaires étrangère avait libéré Mme Hoodfar pour des raisons humanitaires.

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