Julie Artacho L'auteure de l'essai La vie secrète des hassidim, Sandrine Malarde, s'est intéressée à l'organisation sociale de la communauté hassidique de Montréal.

Une sociologue de l’Université de Montréal, auteure d’un ouvrage publié au début du mois de novembre sur la communauté hassidique, notamment celle d’Outremont, affirme que le récent référendum de l’arrondissement sur les lieux de culte brime un droit fondamental garanti par la charte des droits et libertés canadienne.

Contactée par TC Media dans la foulée de la publication de son livre La vie secrète des hassidim, Sandrine Malarde, l’auteure, s’est dite embêtée que la question de l’accès à des lieux de culte «qui repose sur le droit fondamental d’une minorité, soit posée par voie référendaire. Les juifs hassidiques représentent une minorité dans le quartier d’Outremont».

Consciente que l’avenue Bernard n’est pas le meilleur emplacement pour y construire un lieu de culte, la Française arrivée à Montréal en 2006 estime que d’autres choix auraient dû être proposés aux citoyens.

«Les enjeux étaient plus grands puisque ça [la loi] n’interdisait pas seulement les lieux de culte sur l’avenue Bernard, mais également dans tout Outremont. D’autant plus qu’il est défendu d’en ouvrir sur les rues résidentielles», observe la titulaire d’une maîtrise en sociologie.

Cohabitation
L’auteure croit qu’une cohabitation pacifique entre les juifs hassidiques et les autres communautés représente un défi de taille, mais nécessaire. «Il faudrait trouver un terrain d’entente, des intérêts communs. Les hassidim sont là pour rester».

hassidim

Photo: Gracieuseté – Philippe Montbazet

L’arrondissement d’Outremont compte une population de 24 846 habitants. De ce nombre, 19% sont de religion juive selon les statistiques de la ville de Montréal. Mme Malarde estime que cette communauté est en pleine expansion démographique.

«Les hassidim ont des besoins, ils ont le droit d’avoir une synagogue, un endroit pour prier. Ça fait partie de leur mode de vie et de leur quotidien. Maintenant, il faut voir où et comment ça s’organise avec la municipalité» poursuit la chercheuse.

La sociologue estime que la mise en place de certaines initiatives, dont celle du groupe Les amis de la rue Hutchison, a permis de resserrer les liens entre les communautés, au cours des dernières années. Il s’agit d’un groupe communautaire, créé en 2011, qui rassemble les voisins hassidiques et non-hassidiques.

«Il faut encourager ce genre d’initiatives et se parler davantage», suggère-t-elle.

L’ouvrage de 216 pages de Sandrine Malarde, qui vient de paraître chez XYZ, est constitué de son mémoire déposé à l’Université de Montréal en 2011, ainsi que de témoignages et observations recueillis sur le terrain.

Au moment d’écrire ces lignes, TC Media n’avait toujours pas été en mesure d’obtenir des commentaires de la mairesse d’Outremont, Marie Cinq-Mars.

Depuis le référendum du 20 novembre, la communauté hassidique ne peut plus ouvrir de nouveaux lieux de culte sur l’avenue Bernard.

Les commerçants de l’avenue Laurier s’étaient déjà prononcés en faveur d’une telle interdiction. Par ailleurs depuis 1999, la création de nouveaux lieux de culte est aussi interdite sur l’avenue Van Horne.

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