TC Media – Patrick Sicotte Mélinda Caron présente un ouvrage académique sur les écrits d'une femme de lettres qui marqué la France du 18e siècle.

Une Outremontaise retrace dans un livre tout récemment publié les écrits de Louise d’Épinay, considérée comme l’une des premières femmes journalistes au monde. Elle a rédigé des textes pour un périodique clandestin du 18e siècle apprécié par les princes de l’époque, notamment pour les potins.

Dans son livre Les correspondances littéraires de Louise d’Épinay, Mélinda Caron offre une critique des textes de cette écrivaine française, fille d’un noble, ayant côtoyée de grands philosophes tels que Jean-Jacques Rousseau. Elle a fait partie du «Dictionnaire des journalistes (1600-1789)».

«Les écrits journalistiques de Mme d’Épinay, on les connaissait un peu, mais on ne les avait jamais étudiés en profondeur», affirme la professeure en lettres françaises à l’Université Concordia, qui a passé les 15 dernières années à analyser l’œuvre de cette femme née en 1726.

C’est lors de son mémoire à la maîtrise en littérature que Mélinda Caron s’est intéressée à Mme d’Épinay et de la place qu’elle a occupée au sein de l’élite. Son travail de recherche s’est poursuivi au doctorat et le tout est rassemblé maintenant dans un livre de 346 pages.

Potins

Les écrits sélectionnés pour son ouvrage sont ceux publiés dans Correspondance littéraire, des feuilles manuscrites produites dans le plus grand secret à Paris de 1748 à 1793. Ce périodique comptait une douzaine d’abonnés, tous des princes européens vivant à l’extérieur de la France.

«Ce qui m’intéresse, c’est de voir comment les textes ont permis de créer des liens entre eux parce que les rédacteurs ne les voyaient jamais. J’analyse aussi comment ces écrits ont gardé une mémoire de la vie sociale de l’époque», mentionne Mme Caron.

Ces feuillets contenaient également des potins écrits par les rédacteurs.

«Comme c’était clandestin, le contenu ne passait pas par la censure. Donc, on pouvait critiquer un peu ce qui se passait en France. Il y avait aussi des critiques de spectacles et d’ouvrages, mais il y avait parfois des ragots sur les uns et les autres», rapporte l’Outremontaise.

Les potins ne concernaient pas nécessairement les princes, mais pouvaient plutôt se rapporter aux dernières folies d’un proche d’un des rédacteurs ou encore des lettres intimes d’une actrice.

Selon Mme Caron, ces anecdotes étaient d’ailleurs une façon pour les auteurs de créer un rapprochement avec les princes.

Éducation

De son côté, Louise d’Épinay écrivait sous le couvert de l’anonymat des poèmes, des dialogues philosophiques et des critiques de théâtre, entre autres.

Si elle a d’abord su se tailler une place importante en littérature en raison de ses contacts avec des personnalités influentes, Mme d’Épinay s’est démarquée pour ses idées en matière d’éducation, relate Mme Caron.

«Elle valorisait l’apport de la vie quotidienne pour former l’enfant, et non, leur imposer un système», mentionne l’auteure de 39 ans.

Louise d’Épinay a d’ailleurs publié Les conversations d’Émilie, un dialogue mère-fille traitant d’éducation, qui a marqué la pensée pédagogique au 18e siècle, en France.

Mme Caron dédie aussi un chapitre de son livre aux échanges de lettres entre Mme d’Épinay et l’économiste italien Ferdinando Galiani.

Le lancement officiel du livre aura lieu le 20 septembre, à compter de 17h30, à la librairie Olivieri. Il est possible de se procurer Les correspondances littéraires de Louise d’Épinay, publié aux Presses de l’Université de Montréal,  sur Amazon ou chez Renaud-Bray.

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