Carriole dans la neige, surprises pour les petits et grands, mais aussi temps difficiles pendant la Seconde Guerre mondiale, les souvenirs de Noël sont aussi nombreux que diversifiés pour les aînés de Saint-Laurent.

«Mon père avait une tradition. Il louait chaque année une carriole pour faire un grand tour, les trois enfants, papa et maman. Ça adonnait souvent qu’il y avait une petite neige qui tombait en même temps. C’était extraordinaire», se souvient Doris Ellie, qui habite depuis plus de 10 ans aux Demeures Sainte-Croix III.

Elle regrette un peu que la neige soit enlevée dans les rues aujourd’hui pour des questions de sécurité au lieu d’être tout simplement tassée, car elle trouvait cela tellement beau.

Les flocons sont aussi dans les souvenirs de Marinette Bourgon, également l’une des plus anciennes locataires des Demeures.

«Mon mari avait toujours plein de surprises. Un matin de Noël, à côté du sapin, devant la maison, il y avait un skidoo, puis on déballait des habits de skidoo et les mitaines. C’était nouveau. Il disait que le père Noël avait laissé ça en passant», raconte la dame de 91 ans.

Avec ses six enfants, l’ancienne résidente de Cartierville profitait d’ailleurs de Noël au centre Belle Neige, à Val-David, dans les Laurentides. Ils y avaient une maison mobile et faisaient beaucoup de ski.

Tradition
Mme Bourgon a moins de souvenirs des Fêtes de son enfance, en raison de sa mère malade. «C’est pour cela que, quand je me suis mariée, j’ai décidé de fêter!», se rappelle-t-elle en souriant. Car elle sourit beaucoup et fait rigoler ses amis avec son humour.

Une tradition de son père l’émeut tout de même. Il avait construit, dans la cave de la maison familiale, tout un parcours pour un train, avec une montagne.

«J’avais 8-10 ans et c’est le seul événement à Noël qui m’a marqué. C’était magique. C’était grand, puis le train passait entre tout, les maisons, puis l’église», raconte-t-elle.
Lorsqu’elle était âgée de 11 ans, la mère de Mme Ellie est elle aussi tombée malade.

«C’était juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Elle a été hospitalisée et papa nous a mis pensionnaires. C’était la crise et on ne comprenait pas. Papa était venu me porter une petite boîte de couture en cadeau. Je ne m’attendais pas à ça», dit-elle en se rappelant cette période difficile.

Plus jeune, Mme Ellie avait été très gâtée par ses parents, avec ses deux frères et sœurs.

«Mes grands-parents maternels ont vécu avec nous pendant 17 ans et ça, ça fait une atmosphère particulière dans la maison pour la période des fêtes. Grand-maman nous préparait des petits poudings, tout enveloppés dans un tissu. Elle appelait cela un petit cochon», témoigne-t-elle, des étoiles dans les yeux.

Famille
Doris Ellie a depuis pris l’habitude de célébrer les Fêtes avec sa famille ainsi que celle de son frère et sa sœur. Ils se réunissent maintenant dans la maison de campagne de l’un de ses fils, avec ses sept enfants, 17 petits-enfants et 17 arrière-petits-enfants.

«Ce que j’aime recevoir de mes enfants, c’est leur visite et qu’ils viennent le plus souvent possible», s’exclame-t-elle.

Aujourd’hui, les deux dames prennent aussi plaisir à célébrer Noël avec leurs voisins, aux Demeures Sainte-Croix. Rencontrées lors du souper des Fêtes de la résidence, qui est un organisme à but non lucratif, elles s’y impliquent à leur façon.

Mme Bourgon fait rire son entourage. Mme Ellie a préparé de nombreuses décorations, notamment pour les tables. «Chaque année, on s’efforce d’avoir quelque chose de nouveau», souligne-t-elle.

Les Demeures Sainte-Croix ont été créées par le Dr Robert Lavigne, en 1987, car il avait remarqué, parmi ses patients, que les aînés avaient de la difficulté à se loger à coût raisonnable. Comptant aujourd’hui 131 logements, de nombreuses activités y sont organisées bénévolement pour pérenniser l’organisme, notamment des bazars.

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