Andréanne Moreau/TC Media Une centaine de citoyens étaient présents à la consultation publique.

Le projet d’agrandissement du marché d’alimentation Métro Bellemare a mené à une soirée de consultation publique mouvementée et forte en émotions. Pendant trois heures, une centaine de résidents ont fait entendre leurs craintes sur la taille du projet, la circulation, le manque de stationnement, la sécurité des enfants, mais surtout, la délocalisation des locataires.

Le propriétaire, Robert Bellemare, s’est engagé à respecter la loi et à verser aux évincés trois mois de loyer ainsi que les frais de déménagement. Une mesure jugée insuffisante par certains.

«Ça fait 23 ans que j’habite là. 23 ans! Penses-tu vraiment que c’est assez, ta compensation?» lui a rétorqué visiblement bouleversée Lise Fyfe, qui habite rue de l’Église.

Plusieurs membres du Comité d’action des citoyens de Verdun (CACV) ont défendu les locataires, expliquant que plusieurs subiront une hausse de 20% à 40% de leur loyer en déménageant.

«Il y a certains projets qui, sur le plan légal, sont parfaits. Mais d’un point de vue éthique, ils sont parfaitement immoraux», déplore le président du CACV, Serge Ouellet.

Les loyers plus élevés des futurs appartements empêchent plusieurs des locataires d’envisager y réaménager après les travaux, qui devraient durer de huit mois à un an.

«Je suis convaincu que tous les propriétaires qui ont vendu à M. Bellemare ne l’ont pas fait pour des pinottes. Aujourd’hui, ils ont le sourire fendu jusqu’aux oreilles, mais les locataires se retrouvent avec rien», souligne Jean-Pierre Boivin, un citoyen engagé.

L’épicier a assuré qu’il allait prendre des ententes avec chacun des locataires individuellement, selon leur situation. «On n’est pas là pour faire la guerre à personne», a-t-il précisé.

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Trop gros?
Les Verdunois ont été nombreux à questionner la nécessité de construire un quatrième étage qui bloquera la vue sur l’église en plus de faire plus d’ombrage dans les cours avoisinantes et nécessitera une dérogation soumise à une approbation par référendum.

Les parents d’élèves fréquentant l’école Notre-Dame-des-Sept-Douleurs s’inquiètent quant à eux de l’effet du manque de luminosité sur leurs enfants. La sécurité a aussi été soulevée puisqu’avec l’agrandissement du marché d’alimentation et la soixantaine de nouveaux logements, il y aura nécessairement plus de circulation.

Une étude effectuée cet été conclut pourtant qu’elle restera fluide.

«L’été, plusieurs marchent pour faire leurs emplettes. S’ils avaient pris leurs chiffres en automne ou en hiver, ils en viendraient probablement à une conclusion différente», soutient Patrick Juliani, un père de famille de la rue Gertrude.

Les responsables du projet à l’arrondissement assurent toutefois que la sécurité des élèves et des piétons est prioritaire à leurs yeux.

Diverses options pour atténuer les impacts négatifs du projet sont envisagées, notamment des dos d’âne, un arrêt obligatoire sur de l’Église face à l’école ou un double sens sur une partie de la rue Gertrude pour permettre l’accès au stationnement intérieur.

M. Bellemare soutient que le quatrième étage est nécessaire afin d’assurer la profitabilité du projet. Du côté de l’arrondissement, le grand nombre de logements est accueilli positivement puisque le parc locatif verdunois baisse d’année en année. «Ça met une pression à la hausse sur le prix des loyers», explique le conseiller Luc Gagnon.

Une telle densification à proximité d’une station de métro est aussi encouragée par la ville-centre, puisqu’elle encourage l’utilisation du transport durable.

Le projet devrait être déposé et soumis à un vote au conseil d’arrondissement du 6 décembre. L’ouverture du registre se ferait alors en janvier. Si suffisamment de signatures de résidents des zones visées par les demandes de dérogation et des zones contigües le signent, l’agrandissement sera soumis à l’approbation par référendum.

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