TC Media – Denis Germain Les chiens utilisés en zoothérapie sont capables de poser un geste d’apaisement au bon moment. Sur la photo, Colette, membre à part entière de la clinique.

Même si elle ne possède pas de diplôme en médecine dentaire, Colette est un membre de la clinique du Dre Rachel Carrier. Et ce, même si elle est poilue et possède quatre pattes. Les services de la teckel sont utilisés en zoothérapie pour les patients qui ont peur du dentiste.

Depuis avril, une vingtaine de clients, majoritairement des enfants, se sont prévalus des services de la chienne à cette clinique de La Prairie.

Lorsqu’elle travaille, Colette est toujours accompagnée par sa maîtresse, Sylvie Lamoureux, zoothérapeute diplômée. Prenant sa chienne dans ses bras, elle vient s’asseoir tout près du patient. Instinctivement, Colette dépose ses pattes et sa tête sur les cuisses de ce dernier. Pendant son traitement, le client peut caresser la chienne.

Lors de l’intervention, Colette veille sur le patient et Mme Lamoureux veille sur sa chienne.

L’expérience est bouleversante, particulièrement chez les enfants, selon la zoothérapeute. Elle cite en exemple des jeunes atteints de troubles de comportement et dont les visites chez le dentiste tournaient au cauchemar.

«Ici, les parents ressortent les larmes aux yeux. Ils sont émus de voir leur enfant complètement différent», souligne-t-elle.Une assistante dentaire qui a du chien

Témoignage
Pour Christine Lajoie, Colette a fait la différence dans la façon de prodiguer les soins à sa fille Alexanne, 16 ans.

«Elle a reçu un diagnostic du trouble du spectre de l’autisme. Ma fille adore les animaux. Elle s’est fait une joie d’avoir un traitement en compagnie d’un animal», mentionne-t-elle.

Aussitôt que le contact avec la chienne a été établi, Alexanne a ressenti une sensation de calme.

«Elle s’est installée sur la chaise et elle s’est mise à flatter Colette. C’était un charme. Je n’avais pas de doute. J’étais convaincu que ça allait marcher», fait remarquer Mme Lajoie.

«Colette décode les sentiments et va chercher un lien émotif avec le patient. Mon rôle est de décoder comment Colette se sent. Dire qu’il n’y a aucun risque que l’animal ait une réaction imprévue, ça ne serait pas honnête. Mais je la connais suffisamment et ce n’est jamais arrivé», mentionne la zoothérapeute.

L’animal peut être présent lors du traitement de carie ou les sessions de nettoyage, mais est exclu lors d’interventions chirurgicales (ex.: extraction de dents).Dre Rachel Carrier

Populaire
Si Colette a la cote auprès des jeunes de 3 à 10 ans, les adultes hésitent à recourir à ses services.

«Ces derniers ont plus de difficulté à admettre qu’ils ont une crainte du dentiste et qu’ils désirent avoir Colette. Environ 30% des gens ont peur des dentistes», indique Rachel Carrier.

Aux clients qui en font la demande, il n’y a pas de frais additionnels pour recourir aux services de l’animal.

Ressentir l’humain
Contrairement au personnel de la clinique, Colette ne travaille tous les jours. Soulager les angoisses des gens lui demande beaucoup d’énergie.

«Colette est calme avec les patients, mais quand elle a fait une journée de zoothérapie et qu’elle arrive à la maison, elle est fatiguée et devient une vraie tornade. L’animal est comme une éponge. Il absorbe les émotions», explique Sylvie Lamoureux.

Éleveuse de teckels à Saint-Mathias-sur-Richelieu, elle possède cinq autres chiens pour répondre à la demande de ses clients.

«Les chiens de zoothérapie ne sont pas des animaux entraînés. On les choisit pour leur facilité à ressentir l’humain», rappelle-t-elle.

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