Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Line Beauchamp

Tout ce que dit la ministre Beauchamp aurait du sens si c’était dit par la ministre d’un gouvernement qui n’a rien à se reprocher au sein d’une fédération dirigée par des politiques propres dans une mondialisation de vertu. Que nenni!

Quand vous zoomez sur l’image du conflit qui oppose les étudiants à notre gouvernement, la thèse de la ministre de l’Éducation tient. On est la province la plus bon marché pour étudier en Amérique du Nord. Mme Beauchamp et son boss ont raison d’être inflexibles contre la violence civile! N’empêche, dès qu’on élargit l’image, on commence à perdre la foi!

Ce gouvernement, qui est devenu subitement le chantre de la bonne gouvernance, est un exécutif pas propre du tout. Les affaires sales l’ébranlent depuis longtemps. Collusion, corruption et industrie de la construction directement branchée au financement occulte des partis politiques à tous les paliers du gouvernement, la totale!

Et si vous agrandissez encore l’image à l’échelle du pays, eh bien là, le Canada, qui a enterré les Libéraux avec leur scandale des commandites, vient d’ouvrir un autre chapitre de scandales. L’affaire des F-35, les abus et le manque d’éthique des ministres Peter MacKay, Christian Paradis et l’autre Bev Oda, tous membres d’un cabinet à la solde des pétrolières!

Et puis, si vous élargissez cette image à la grandeur du monde, eh bien là, de la perte de la foi, vous accédez au stade suprême de la colère. La crise financière a catapulté la planète dans une zone de turbulence mettant à genou des pays comme la Grèce, l’Espagne et le Portugal. Ce tsunami financier déclenché à la base par des financiers et des banquiers véreux qui ont floué à peu près tout le monde. Les États, les Bourses et ces petites gens qui ont mis toutes leurs économies dans des maisons qui se sont avérées des produits toxiques qui leur ont empoisonné la vie. Résultat, quelques arrestations trompe-l’œil et c’est tout. On assiste médusé à la nationalisation des pertes à coup de milliards débloqués par magie par les États. Une fois le raz-de-marée passé, rebelote, on a privatisé les profits.

Et pas la peine de vous enfoncer le couteau dans la plaie avec les salaires indécents des dirigeants des grosses entreprises. Ces conglomérats qui, en toute l’égalité et grâce à l’aide d’avocats experts en dispositions fiscales avantageuses compatibles avec des règles internationales biaisées, défiscalisent de plus en plus leurs revenus dans des paradis fiscaux.

Comme quoi, dans un climat de méfiance, le remède le plus vertueux empoisonne le patient, scandalise sa famille et fout le bordel dans un pays!

Aussi dans Autrement dit :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!