Josie Desmarais/Métro Michel Leblanc

Que la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) consacre une étude à l’ascension professionnelle des immigrants dans les entreprises est louable en soi. Mais ce qui est surprenant, c’est que cette étude est la première du genre au Québec.

Au-delà des faits saillants qu’on peut lire dans cette étude intitulée Les immigrants, en bonne position pour accéder à des postes stratégiques, ce qui m’a le plus frappé, c’est l’aveu glissé dès l’introduction par le président de la CCMM, Michel Leblanc. Une révélation lourde de sens, mais qui est passée inaperçue : le phénomène de l’ascension professionnelle des immigrants vers des postes stratégiques n’avait encore jamais été étudié!

En effet, c’est dans le cadre de cette enquête que pour la première fois, un sondage a été mené auprès d’entreprises du Montréal métropolitain afin de tracer un portrait global de la situation des immigrants occupant des postes de cadres.

Or, nous sommes au Québec, une province qui table sur l’immigration pour renouveler sa population. Bon an mal an, on reçoit en moyenne 50 000 nouveaux arrivants, dont la majorité s’établit dans la région de Montréal.

Il y a 14 ans que je suis actif dans le milieu de l’insertion socioprofessionnelle des immigrants et de la gestion de la diversité culturelle. Durant ces années, beaucoup d’encre a coulé au sujet de la sous-représentation des immigrants parmi l’élite de notre société. Or, non seulement nous ne disposons pas d’un portrait global de la situation, mais nous ne mesurons pas assez ses enjeux.

Les données colligées par Statistique Canada démontrent que le Québec se diversifie rapidement en raison d’une immigration majoritairement issue de minorités visibles, dont les membres sont à la fois plus jeunes qu’auparavant et plus éduqués que la moyenne provinciale.

Pourtant, dans un Québec en proie à un double choc démographique – baisse de la natalité et vieillissement de la population – et à une pénurie marquée de la main-d’œuvre, le taux de chômage des immigrants est presque le double de la moyenne provinciale. Ce taux est encore plus élevé quand l’immigrant est nouvellement arrivé et qu’il est Noir ou Arabe.

Dans un tel contexte, la situation économique de nos minorités visibles ne cesse de se précariser depuis le début des années 1980. Leur sous-représentation au sommet de la société aggraverait cette situation.

Bien que ces constats soient discutés, pourquoi la place des immigrants et des minorités visibles dans notre société – surtout au sein de notre élite – demeure-t-elle peu documentée, ce qui ne donne qu’une vision
fragmentée de cet enjeu? Jusqu’à quand?

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