Depuis quelques années, les médias et les réseaux sociaux nous parle du FOMO (Fear of missing out) ou la peur de manquer quelque chose. Voilà que 2016 fait place au FOLO (Fear of living offline) ou la peur de vivre hors-ligne. Réflexions.

La peur de vivre hors ligne ET de manquer quelque chose

J’ai longtemps été atteinte de FOMO: je voulais tout voir, tout faire, ne rien manquer. Résultat: j’étais débordée et rapidement dépassée. J’ai capitulé lorsque j’ai commencé à travailler à Tourisme Montréal. Aux premières loges de toutes les activités se déroulant à Montréal, j’ai vite réalisé devant cette abondance de nouvelles activités que je ne pouvais de toute façon ni tout faire ni tout voir.

Dans un article du Adweek, Sparks & Honey, une agence de publicité de New-York, prédit que le FOLO sera «the thing» en 2016, que les gens ont de plus en plus besoin de valider leurs expériences en les partageant en ligne, comme pour marquer ces moments.

FOLO - Fear of living offline

On documente continuellement notre vie à coup de photos, de vidéos, de snaps, de tweets ou de statuts Facebook. Selon une récente publication du CEFRIO illustrant le profil numérique des 18-34 ans, 95,7% des individus figurant dans ce groupe d’âge passeraient en moyenne 25,5 heures sur Internet par semaine, ce qui n’est pas étonnant. En ce qui concerne les réseaux sociaux, 96% d’entre eux sont des utilisateurs des plateformes sociales, comparativement à 71,7% de l’ensemble de la population adulte au Québec.

Internet 18-34 ans Réseaux sociaux 18 à 34 ans

 

Vous pensez que Facebook est la plateforme la plus utilisée? Que nenni. YouTube surclasse l’empire de Mark Zuckerberg avec 92,2 % d’utilisateurs chez les Québécois contre 86,5% pour Facebook.

 

Digital Detox et nomophobie

Bon, c’est beau les statistiques, mais elles ne disent pas quel est le pourcentage des gens qui ont la crainte de ne pas pouvoir se brancher.  Est-ce que vous avez déjà vécu cette angoisse? Ou encore êtes-vous aussi atteint de la nomophobie, la peur de perdre son téléphone mobile? Je vous l’avoue, quand je tâtonne mes poches sans sentir mon téléphone ou que je fouille dans ma sacoche trop pleine sans l’apercevoir, j’ai la poitrine qui se serre, la peur de perdre mon cellulaire me sidère. Ça dure en général quelques secondes et je vois presque ma vie défiler, comme à l’article de la mort. Même si toutes mes données sont dans un nuage ou presque. C’est ridicule, je le sais…

Cette semaine, plusieurs amis m’ont fortement suggéré de regarder Digital Detox, un documentaire diffusé sur les ondes de Télé-Québec et disponible sur leur site web. Il est question d’internautes qui ont décidé de se déconnecter, de tourner le dos à l’espace virtuel.

Digital Detox

Pierre-Olivier Labbé, journaliste français, avoue se connecter 150 fois par jour à son téléphone intelligent. Il a décidé de se déconnecter d’Internet pendant 90 jours afin de mieux comprendre comment cette révolution numérique a bouleversé notre existence. Je pourrais vous citer toutes les lignes de ce documentaire qui témoigne de toute cette crainte de vivre hors ligne. La peur de ne pas faire partie d’un monde qui tournerait sans nous.

Je n’arrive pas à faire la distinction entre ma vie réelle et ma vie connectée. L’une ne va pas sans l’autre, elles ne font plus qu’une. Dans 10 jours je me rebranche et Internet me manque comme jamais. – Pierre-Olivier Labbé, journaliste.

 

Vivre hors ligne? Jamais!

Je me mets un peu la tête dans le sable en me disant que je ne peux pas me déconnecter, qu’Internet et les réseaux sociaux sont des outils de travail. Toutefois, une pensée me traverse régulièrement l’esprit: qu’est-ce que je faisais de tout ce temps avant de le passer en ligne? Je lisais des livres, je faisais du sport, je cuisinais, je voyais des amis et de la famille. Je le fais encore, mais beaucoup moins. J’ai des tonnes d’alertes sur mon mobile, il est littéralement une extension de ma main. Je n’ai jamais compté combien de fois par jour je le consulte, j’en aurais peur. Par contre, lorsque je vais à Cuba, j’apprécie tellement ces vacances sans être branchée. Je déconnecte totalement pour me connecter sur ce qui m’entoure dans un univers bien réel. J’appréhende ce dernier oasis qui rendra désormais le wifi beaucoup plus accessible pour les touristes… Pour ceux qui le désireraient, de plus en plus d’endroits proposent des vacances hors connexion.

Force est de constater que je ne serais jamais capable de vivre hors ligne totalement. Internet et les réseaux sociaux m’ont beaucoup apporté, bien qu’il serait de bon augure que j’en diminue mon utilisation, faisant la distinction entre l’utile (Google Maps par exemple) et l’inutile (les vidéos niaiseux).

Avez-vous peur de vivre hors ligne? Seriez-vous prêt à réaliser une «digital detox»?

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