Chantal Levesque Gilles Charrois, président du Syndicat national des employés du CHU Sainte-Justine

Alors que l’ajout d’un pavillon agrandira la superficie du CHU Sainte-Justine de 65%, les syndicats de l’établissement s’inquiètent que le budget de fonctionnement subisse une baisse pour l’année à venir.

Le nouveau pavillon de 7 étages d’une superficie de 43 269 m2 comprend notamment des unités de soins, un bloc opératoire et 80 lits de soins intensifs en néonatalogie, soit 15 de plus qu’actuellement. Il doit entrer en fonction au début du mois de décembre.

Avec quel argent le bâtiment sera-t-il entretenu, alors que le budget de fonctionnement de l’établissement passe de 416M$ à 393M$ dans le cadre des compressions imposées par le ministère de la Santé? C’est ce que se demandent les syndicats représentant les différentes catégories d’employés du CHU Sainte-Justine, qui ont profité mercredi d’une activité de la rentrée devant l’hôpital pour dénoncer la situation.

«Il y a bien eu des postes en hygiène et salubrité et des postes en surveillance qui ont été affichés. Mais avec quel budget va-t-on les payer? Est-ce que ce sont les services aux patients qui vont écoper?» se demandé Gilles Charrois, président du Syndicat national des employés-es du CHU Sainte-Justine.

La directrice des ressources humaines de l’hôpital, Denise Bélanger, affirme que la direction de l’hôpital est en négociations avec le gouvernement provincial pour obtenir une enveloppe additionnelle, en surplus du budget de fonctionnement, pour couvrir notamment l’embauche de 150 personnes en entretien ménager, en technologies de l’information, en sécurité, en génie biomédical, en plomberie et en électricité.

Les syndicats craignent de leur côté que le manque de ressources se fasse encore plus ressentir après le déménagement sur le personnel, déjà en état d’épuisement important. Environ 200 infirmières et inhalothérapeutes sont présentement en absence pour maladie, alors que ces chiffres oscillaient précédemment autour de 140.

«On est tous fatigués. On doit faire plus avec moins, on ne prend pas nos pauses, a déploré Félix-Olivier Bonneville, vice-président à l’information au Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardio-respiratoires. Si nos épaules lâchent, la bâtisse va s’effondrer.»

Cette question de l’assurance salaire est effectivement un enjeu majeur pour la direction des ressources humaines de l’hôpital. «Les exercices d’optimisation ont un impact sur la charge de travail et peut avoir un effet sur le taux d’absence, a estimé Mme Bélanger. On travaille très fort à identifier l’ensemble les motifs d’absence et de mettre en place des mesures préventives et de soutien aux employés.»

Les compressions de personnel auraient aussi des effets négatifs sur les patients, d’après les syndicats. Ils ont évoqué des attentes allant jusqu’à 1h45 pour contacter par téléphone le centre de prélèvements, une problématique à laquelle la direction a déjà entrepris des actions.

Dominique Pallanca, présidente du Syndicat des techniciens et professionnels de la santé et des services sociaux du Québec, a pour sa part avancé que les psychologues et travailleurs sociaux peinaient à accorder le temps nécessaire à leurs patients depuis qu’une dizaine d’entre eux ont été touchés par des coupes l’hiver dernier.

L’effort budgétaire demandé par le ministère de la santé au CHU Sainte-Justine pour l’année 2016-2017 est de 5M$.

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