Gratuité scolaire, construction de logements sociaux, transports en communs plus accessibles: plusieurs personnes ont prescrit lundi des mesures sociales pour soigner les problèmes de santé mentale de la population, dans le cadre d’une manifestation à Montréal pour souligner la Journée mondiale de la santé mentale.

«Les problèmes de santé mentale ne sont pas que biomédicaux. Un ensemble de déterminants sociaux, comme l’isolement, la pauvreté et le stress au travail, a des impacts sur la détresse psychologique des gens», a affirmé Robert Théoret, responsable de l’action politique au Regroupement des ressources alternatives en santé mentale.

Lors du rassemblement qui a eu lieu devant le métro Mont-Royal, plusieurs personnes ont témoigné des effets négatifs qu’ont eus l’intimidation, le manque d’éducation, l’insécurité alimentaire et les problèmes de logements sur leur santé mentale.

«Quand j’ai eu un burn-out, que j’avais le minimum à l’aide sociale et que je n’arrivais plus à payer mon loyer et à manger, c’est clair que je n’avais pas les capacités de pouvoir m’impliquer, d’être en santé, même de prendre l’autobus, a raconté à Métro Mitsou Lefebvre, qui a souffert de dépression et d’anxiété généralisée. J’ai aussi vécu dans un logement insalubre. Si tu n’es pas bien physiquement, tu ne peux pas être bien mentalement.» Mme Lefebvre a souligné qu’il n’y a pas que les médicaments qui l’ont aidée, les activités sociales et l’implication citoyenne dans un organisme communautaire ayant eu un grand impact sur son bien-être.

«Après une séparation difficile, j’ai flirté avec l’itinérance. Je n’avais plus de travail, je n’étais plus capable de payer mon loyer. Je me réveillais à 4h du matin en ne sachant pas comment j’allais faire pour passer à travers ma journée. C’est une angoisse immense.» – Robert Théoret, responsable de l’action politique au Regroupement des ressources alternatives en santé mentale

En effet, selon l’Enquête québécoise sur la santé de la population publié la semaine dernière, les personnes ayant un bas niveau de scolarité, un faible revenu ou étant sans emploi sont plus nombreux à vivre un niveau élevé de détresse psychologique. Par ailleurs, le niveau de détresse psychologique a augmenté dans presque tous les groupes d’âge et chez les deux sexes depuis 2008.

Le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale demande au gouvernement d’agir sur ces déterminants sociaux, par exemple en instaurant un revenu minimum garanti et en haussant le salaire minimum. M. Théoret a déploré certaines mesures allant à l’encontre de leurs revendications, comme les compressions dans les budgets des établissements de santé et le projet de loi 70, qui menace de réduire le chèque d’aide sociale aux personnes qui ne s’inscrivent pas à un programme de recherche d’emploi du gouvernement.

Notons que le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a mis sur pied un comité de travail pour étudier l’instauration d’un revenu minimum garanti. D’autre part, le gouvernement n’a toujours pas tranché la question du salaire minimum à 15$ de l’heure, qui fait présentement débat à l’Assemblée nationale.

M. Théoret souhaite également que l’accès à la psychothérapie soit amélioré, alors que le temps d’attente peut atteindre plusieurs années à certains endroits dans le réseau public.

 

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