Josie Desmarais

Dans le cadre d’un programme lancé il y a plus de deux ans, plus de 500 itinérants ont quitté les rues montréalaises, ont retrouvé un logement et profitent d’une aide individuelle.

«Aujourd’hui, il est possible, avec les ressources financières, de sortir de la rue des personnes en situation d’itinérance et qui étaient condamnées à y rester. On peut changer les trajectoires de vie de ces personnes», se réjouit James McGregor, directeur du Mouvement pour mettre fin à l’itinérance à Montréal (MMFIM).

Créée en 2013, cette organisation a lancé deux ans plus tard le projet 2000 Solutions, qui vise à sortir de la rue 2000 personnes en situation d’itinérance sur le territoire montréalais. Cet objectif s’appuie notamment sur un premier dénombrement réalisé sur l’île, au cours duquel 784 personnes en situation d’itinérance chronique et 1241 en situation épisodique ont été comptabilisées.

Entre le 1er avril 2015 et le 30 juin 2017, avec la participation d’une douzaine d’organismes, 552 personnes ont été relogées dans des logements individuels, dont 373 hommes, 175 femmes et 4 transgenres qui, pour une forte majorité, venaient de vivre entre un et cinq ans dans la rue.

«Avec les organismes participants, on les aide à trouver des logements, explique Sonya Cormier, directrice de projet au MMFIM. On ne leur impose aucun endroit, ils font part de leurs envies et un intervenant travaille ensuite sur leur projet de vie.»

Une ou plusieurs fois par semaine, cet intervenant va à la rencontre de ces ex-itinérants, dans le but de participer «à sa réadaptation et sa socialisation». «En passant de la rue à un logement individuel, tu peux vivre de l’isolement, reprend Sonya Cormier. L’aide est multiple, que ce soit pour baisser la consommation [de drogue], avoir une stabilisation ou même réapprendre à faire son lit, le ménage ou à s’occuper de soi.»

Soutenues individuellement, ces personnes, dont 85% vivent sous le seuil de pauvreté avec un revenu provenant essentiellement de l’aide sociale, sont également aidées financièrement. Avec l’aide des paliers municipal, provincial et fédéral, une subvention maximale de 500$ leur est accordée, pour des loyers qui, en moyenne, coûtent moins de 700$. «On ne veut pas qu’ils payent plus de 25% de leur loyer», assure Serge Lareault, qui occupe le poste de Protecteur des itinérants à Montréal.

D’ici l’automne, un bilan sera effectué par la Ville de Montréal et «une nouvelle mouture d’un plan d’action pour les années à venir» sera annoncé, afin de «répondre le plus possible aux besoins du milieu», promet la conseillère Monique Vallée, membre du comité exécutif.

Aussi dans Montréal :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!