Mario Beauregard / Métro Denis Coderre

Alors que Québec étudie actuellement les différents articles du projet de loi 62 sur la neutralité religieuse, le maire de Montréal refuse de forcer les employés de la métropole à respecter ce règlement, si celui-ci est adopté.

«On a toujours dit que c’est pas au gouvernement, tel qu’il soit, de décider comment vont se vêtir nos employés et comment on va rendre des services», a déclaré Denis Coderre mercredi, au cours du comité exécutif.

Cette intervention survient au lendemain de la décision prise par le gouvernement Couillard d’élargir la portée de ce projet de loi 62 aux municipalités, mais aussi aux sociétés de transport.

Si Denis Coderre s’est dit «d’accord sur la question du visage découvert lorsqu’on donne des services», il a néanmoins rappelé à l’ordre Québec, en mettant en avant «le réflexe Montréal».

«La Ville de Montréal, comme toute autre municipalité, est autonome et a sa gouvernance en matière de ses employés. Je ne pense pas qu’on a besoin d’un tuteur pour nous dire comment engager nos employés», a-t-il assuré.

Nous sommes aptes à décider comment nos employés vont s’habiller.» – Denis Coderre

Soulignant le fait que «cette question va évidemment toucher majoritairement notre métropole», puisque Montréal accueille près de 70% de l’immigration au Québec, Denis Coderre a également trouvé «un peu particulier de parler aussi de livraison de service.»

«Est-ce que ça veut dire que quand quelqu’un a un niqab et arrive avec ses enfants, on va lui dire «tu ne rentres pas dans l’autobus ou on te donne pas des services?» a-t-il ajouté. C’est un dossier qui est extrêmement sensible, qu’on doit faire en tout respect.»

Les oppositions irritées par la forme
Du côté des différentes oppositions municipales montréalaises, on abonde, sur le fond, dans le sens du maire de Montréal. «Montréal a une identité unique au Québec, on ne peut imposer une homogénéité partout», a soutenu Marvin Rotrand, chef de Coalition Montréal.

Même son de cloche du côté de Vrai changement pour Montréal (VCPM). «Il y a une réalité très sensible ici», a souligné Justine McIntyre, alors que Projet Montréal, la principale opposition, reconnaît également «un sujet qui est sensible et important.»

La forme utilisée par le maire Coderre a cependant irrité ces trois oppositions. «Le geste responsable, c’est d’attendre de voir l’entièreté du projet de loi», a repris Valérie Plante, chef de Projet Montréal, qui s’est montrée «tout à fait d’accord» sur le principe du visage à découvert «pour ceux qui reçoivent et donnent des services».

«Il [Denis Coderre] part en flèche alors qu’il faut de la finesse pour parler de cet enjeu avec Québec, a regretté la chef de VCPM. Il est prêt à partir en combat de coq, mais à chaque fois qu’il le fait, il fait reculer Montréal et nous fait perdre de la crédibilité.»

Le cabinet de Stéphanie Vallée, ministre de la Justice, à l’origine de ce projet de loi, n’a pas répondu, pour l’instant, aux demandes de Métro.

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