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Cinq ans après sa création, le Pôle de service en itinérance est passé de 430 interventions par an à près de 3500, et intervient désormais dans cinq stations de métro au lieu d’une seule. Y a-t-il pour autant eu amélioration?

Ce programme multidisciplinaire vise à fournir des services aux itinérants afin de favoriser une cohabitation saine entre les personnes en situation d’itinérance et les usagers du métro. Ainsi, le service de navettes de la Mission Old Brewery raccompagne vers les refuges entre 300 et 400 personnes par hiver, tandis que la Clinique mobile de Médecins du Monde offre près de 200 consultations par an, tout en permettant à plusieurs sans-abri de se reconnecter avec le réseau de la santé et des services sociaux.

«Dans plusieurs métros du monde, on expulse les personnes itinérantes, nous on leur offre des services», a déclaré mercredi Philippe Schnobb, président du CA de la Société de transport de Montréal. Le programme est piloté par la Société de développement social, un organisme qui sert d’intermédiaire entre le secteur privé, le milieu communautaire et les organisations publiques.

Le changement d’approche, qui vise à tisser un lien de confiance entre les itinérants et les autorités chargées de la surveillance du métro, a-t-il permis de régler la surjudiciairisation des sans-abri? Selon Carole Lalonde, chef de la Section métro au SPVM, 10% des interventions auprès des itinérants se soldent par une contravention. «C’est le comportement de la personne qui établit le degré d’intervention», dit-elle en ajoutant qu’une équipe mixte a été mise en place pour favoriser le dialogue entre les occupants réguliers du métro et les autorités policières.

Difficile à dire toutefois s‘il s’agit d’une amélioration. «En 2008, beaucoup d’itinérants recevaient des constats d’infraction dans le métro, notamment pour consommation d’alcool. On a commandé une nouvelle étude pour cette année afin de voir si le nombre a diminué», a indiqué Alain Larrivière, responsable de la sûreté du métro.

La chercheuse qui avait réalisé l’étude de 2008 sur la judiciarisation des itinérants dans le métro est plus tranchée. «Je n’ai pas de données récentes, mais les échos des milieux d’intervention et des personnes en situation d’itinérance ne font pas état d’une amélioration [du côté des contraventions donnés aux itinérants]», précise Céline Bellot, directrice de l’école de travail social de l’Université de Montréal. Elle fait notamment référence aux personnes âgées qui ont peu d’options de lieux à fréquenter durant la journée.

Parmi les intervenants, plusieurs soulignent en outre le manque de ressources pour aider spécifiquement les populations inuit et autochtones, qui dans le dernier recensement représentaient 10% des personnes itinérantes, soit près de 10 fois plus que leur part dans la population du Québec.

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