Collaboration spéciale Des étudiants tiennent une affiche lors de l'action de la visibilité de la FAÉCUM.

La Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM) a de nouveau attaqué le syndicat des professeurs de son établissement d’enseignement, lundi, alors que 200 étudiants se sont rassemblés dans le Hall d’honneur du Pavillon Roger-Gaudry pour y tenir une manifestation silencieuse.

Lancée le 10 octobre dernier, la campagne #OmertàUdeM du regroupement étudiant dénonce un processus de plaintes inéquitable contre les enseignants de l’institution, notamment lors de cas concernant des violences sexuelles. Lorsqu’un étudiant porte plainte contre un membre du corps professoral, la personne mise en cause est jugée par un comité de discipline uniquement composé de profs, allègue-t-on. «Des chums qui jugent des chums», a déploré l’organisation étudiante la semaine dernière, lors du lancement de son mouvement.

Tenue en début d’avant-midi lundi, l’action de visibilité de l’association s’est déroulée pendant l’allocation annuelle du recteur Guy Breton qui précédait l’assemblée universitaire. Celle-ci regroupe toutes les instances décisionnelles de l’Université de Montréal (UdeM), à savoir les doyens, les professeurs, l’administration ou encore les étudiants.

«On est arrivés en grand nombre pour faire suite à ce qui avait été dit après notre sortie la semaine dernière, a expliqué à Métro le conseiller politique de l’association, Pascal Lebel. On a fait une haie d’honneur silencieuse tout le long du hall qui mène à la salle de l’assemblée.»

Immobiles, les étudiants tenaient pour la plupart une pancarte contre leur corps, où on pouvait lire: «Les victimes ne sont pas un levier de négo» ou encore «Je ne suis pas un levier de négo». Certains portaient un X rouge sur le bras ou sur la bouche, pour symboliser la censure dont ils ou elles se disent victimes.

Un déblocage demandé
La FAÉCUM s’oppose ainsi à la position selon laquelle les questions relatives au comité de discipline dépendent des négociations entre les professeurs et la direction de l’UdeM, qui n’aboutissent pas en vue de la signature d’une nouvelle convention collective. «On n’est pas d’accord avec cette lecture-là, et l’action d’aujourd’hui servait à démontrer qu’on est encore bien présents et attentifs», ajoute M. Lebel.

«Le syndicat n’en démord pas et fait du processus disciplinaire un enjeu de négociations en lien avec sa nouvelle convention collective. Cela fait que, malheureusement, on n’arrive pas à trouver d’entente», avait notamment expliqué la porte-parole de l’institution, Geneviève O’Meara, dans une entrevue avec Métro la semaine dernière.

Quelques minutes après sa haie d’honneur silencieuse, l’association a aussi procédé à une lecture de témoignages anonymes sur le processus de plaintes à l’UdeM. Tirés d’une lettre ouverte publiée il y a environ six mois, ceux-ci abordaient des avances sexuelles venant d’un superviseur de stage, d’un directeur de recherche, d’un professeur ou d’un directeur de thèse.

«On m’a menacé de couper ma charge d’auxiliaire si j’en parlais. J’ai quand même porté plainte au département, mais ça a seulement mené à une rencontré de médiation […] On m’a invité à confronter. Les choses ont empiré, et je continue de travailler avec [la personne] chaque jour malgré tout.» -Extrait de l’un des témoignages

«L’impunité des profs en matière de violences sexuelles n’est pas un gain syndical», a écrit la FAÉCUM sur sa page Facebook, en fin d’après-midi, sous une vidéo qui a été partagée par plusieurs internautes. L’association dénonce un processus disciplinaire franchement «long, opaque et inéquitable».

Le président du syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM), Jean Portugais, nie pour sa part toute responsabilité de son groupe syndical dans ce dossier. «Ce n’est pas vrai que les profs font de l’immobilisme et qu’il y a une impunité, a-t-il dit. Ils vont très loin, les étudiants. Ils laissent entendre de façon diffamatoire que les profs sont des agresseurs […] Ils nous accusent de tous les malheurs, mais il faut voir l’encadrement juridique autour de négociations.»

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