À quoi ressembleront les services de santé du futur? Le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) s’y prépare déjà. L’institution a annoncé la semaine dernière la création d’une École de l’intelligence artificielle en santé, en partenariat avec l’Université de Montréal. Selon le directeur général du CHUM, Fabrice Brunet, «cette école vise à s’assurer que les innovations en Intelligence artificielle se fassent au bénéfice du patient et des employés».

Luc Sirois, cofondateur d’Hacking Health et directeur général de Prompt, un OSBL qui fait le lien entre l’industrie et les centres de recherche institutionnels, est aux premières loges pour voir ce qui se prépare. Grâce à ses observations, voici donc à quoi pourrait ressembler votre hôpital et vos services de santé en 2030.

Un mardi matin de novembre 2030, à Gaspé, L@urent, 55 ans, s’habille et prend son petit déjeuner. Il «feele pas bien», ce que confirment rapidement sa chemise et sa chaise. Ces objets intelligents truffés de capteurs sont notamment capables de mesurer sa pression artérielle et son rythme cardiaque, mais aussi de prédire son humeur. Ils ont en effet détecté le ton virulent de la conversation qu’il vient d’avoir avec sa femme.

Le diagnostic est confirmé par la pilule journalière qu’il prend pour ses problèmes cardiaques. Depuis trois ans, sa pilule contient, en plus du médicament, une micropuce capable de mesurer son état et l’effet de la médication. Les informations fournies par ces trois objets connectés sont automatiquement envoyées à l’assistant personnel vocal du Gaspésien.

Grâce à l’intelligence artificielle, cette application, digne descendante de OK Google, stocke et analyse toutes les données de santé de son propriétaire. Cet apprentissage profond permet alors à l’objet intelligent de prévoir ce qui s’en vient et d’envoyer au malade un message vocal d’avertissement. «Vous êtes dans une zone critique, pensez à vous reposer et à écouter un peu de musique pour vous détendre», indique l’assistant personnel, qui lui offre de faire jouer ses pièces favorites.

Mais L@urent n’écoute pas et file plutôt chez son voisin, B#b, qui lui raconte la dernière nouvelle: des e-terroristes ont pris virtuellement en otage 405 personnes et menacent de prendre possession à distance de leurs défibrillateurs cardiaques démodés.

L@urent n’aurait jamais dû être au courant de cela, puisque son assistant personnel vocal élimine automatiquement toute source de stress de son fil d’actualités. Il est sous le choc et son rythme cardiaque augmente encore.

Dans la salle de contrôle de l’hôpital de Gaspé, qui ressemble à une tour de contrôle d’aéroport, une télé-infirmière est avertie automatiquement: selon les signes vitaux de L@urent qui sont comparés aux statistiques de santé de millions d’autres patients, ce dernier a 80% de chances de faire une crise cardiaque d’ici trois heures.

L’infirmière envoie donc directement un message vocal dans l’oreille de L@urent. Pas par téléphone cellulaire, qui traîne déjà dans les poubelles de l’histoire technologique, mais via un implant auriculaire inséré dans son oreille. La télé-infirmière change aussi à distance les réglages du défibrillateur cardiaque de son patient.

Ça ne suffit pas: une équipe d’ambulanciers est alors envoyée sur place par drone. «D’ici quelques temps, leur profession est amenée à beaucoup changer», prédit M. Sirois. Un miniscanneur échographique leur permet d’évaluer l’état du cœur du patient, tandis que des lunettes de réalité augmentée 5G et une oreillette leur permettent d’être connectés directement à un cardiologue de Montréal. C’est ce dernier qui guide leurs gestes et les supervise à distance.

Maintenant que que la médecine est pleinement entrée dans l’ère de la prévention et que des opérations autrefois complexes peuvent se faire à domicile, les hôpitaux n’ont gardé dans leurs murs que les soins extrêmement spécialisés ou ceux nécessitant impérativement un contact humain. Cela laisse certains espaces vacants.

Dans une des ailes du CHUM, qui était inutilisée depuis deux ans, on accueille désormais des réfugiés. Il faut dire que depuis que Donald Trump Junior a encore durci les lois restreignant l’immigration, ils sont nombreux à traverser la frontière canadienne, et ce, malgré le nouveau mur.

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