Le Théâtre Empress a été construit en 1927. «Conçu par l'architecte montréalais Alcide Chaussé et décoré par Emmanuel Briffa, il est un des cinq théâtres de style Art Déco au pays et est le seul palace de style égyptien construit au Canada», nous apprend le Empress Cultural Centre.

Près de 20 ans après avoir été abandonné, le Théâtre Empress, situé sur la rue Sherbrooke, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, pourrait enfin revivre. Un groupe, formé du producteur Kevin Tierney, du PDG du cinéma Beaubien, Mario Fortin, et de la coordonnatrice en charge des prix Gémeaux et Genie à l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision, Elaine Ethier, planche depuis un an sur un projet de cinéma qui permettrait de revitaliser l’ancien théâtre.

«L’idée a germé l’année dernière, a expliqué à Métro Elaine Ethier. Je me suis dit que ça serait intéressant de rouvrir un cinéma dans le quartier parce qu’il y a un manque à ce niveau. L’idée, c’est d’avoir un cinéma de quartier, pour les gens du quartier. Un cinéma qui s’adresserait aux gens de l’Ouest de l’île, qui offrirait des projections en anglais, en français et en langues étrangères.»

Pour le moment, le projet est embryonnaire. Les trois collaborateurs tentent toujours de déterminer le potentiel de leur idée. «Il faut voir si les gens de la communauté vont suivre, si le projet est faisable, s’il est rentable, a rappelé Mme Ethier. On peut encore sauver la bâtisse. Elle n’est pas dans le même état que le théâtre Séville [qui a été démoli pour faire place à des condos, NDLR]. Il faut voir combien ça va coûter et après on va pouvoir préparer un montage financier.»

Les plus récentes études évaluaient à 12 M$ le coût d’un projet complet au Théâtre Empress. Selon Arnold Bennett, porte-parole de l’Empress Cultural Centre (ECC), à qui la Ville a cédé le théâtre pour 60 ans,  il suffirait toutefois de deux ou trois millions pour rendre l’édifice fonctionnel. «Il y a une liste de choses qui doivent être faites, mais elles ne doivent pas nécessairement toutes être faites en même temps, a-t-il précisé. Il y a moyen de faire les travaux par phases.»

Arnold Bennett a d’ailleurs affirmé que les analyses réalisées par des architectes et des ingénieurs ont permis de conclure que la structure du Théâtre Empress était solide. Il semble malgré tout que le temps presse pour l’édifice de style Art Déco. L’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce souhaite «que quelque chose se passe d’ici l’été, sans quoi des décisions devront être prises», a indiqué le directeur de cabinet du maire Michael Applebaum, Hugo Tremblay.

«La démolition n’est pas dans les cartons, a-t-il soutenu. L’arrondissement souhaite que le théâtre retrouve sa vocation culturelle. La Ville a déjà investi 1,6 M$ dans le bâtiment et dans le plan de relance. Elle n’investira pas dans un éléphant blanc.»

La proposition du groupe Tierney, Fortin et Ethier ne laisse pas l’arrondissement de glace. «Nous avons un intérêt pour tout groupe crédible qui a un projet, a déclaré Hugo Tremblay. Nous avons rencontré le groupe et  nous leur avons dit que nous étions intéressés par leur projet. Ils nous ont dit qu’ils allaient faire leurs devoirs et qu’ils allaient revenir.»

D’autres investisseurs?
Arnold Bennett, porte-parole de l’Empress Cultural Centre, a indiqué avoir eu une rencontre intéressante avec un autre groupe vendredi. Ce groupe est «intéressé à aider les gens qui ont un projet à trouver du financement et des appuis», a indiqué M. Bennett. Il a toutefois refusé de préciser qui fait partie de ce groupe.

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